mercredi 15 janvier 2020

Premières armes (5)


‒ Comme quoi, une bonne fessée, il y a rien de tel, hein !
Elle venait de prendre, dans mes bras, un plaisir tonitruant.
‒ Non ? T’es pas de mon avis ?
J’ai acquiescé. Du bout des lèvres.
‒ Ah, si ! Si ! Tu peux pas dire le contraire. Ça t’a rendu mille fois plus attentif à moi. Et à mon plaisir. Non. Désormais, chaque fois que tu te montreras incapable de me satisfaire, tu y auras droit. Une fessée carabinée. Et c’est te rendre service, tu sais ! Parce que tu auras d’autres femmes que moi. Et ce jour-là…
J’ai voulu protester. La faire taire d’un baiser.
‒ Bien sûr que si ! Et tu le sais très bien. D’autres femmes qui seront d’autant mieux disposées à ton égard que tu sauras pleinement les contenter. Alors mieux tu sauras t’y prendre…

Et c’est sur ce registre-là que nous nous sommes systématiquement mis à fonctionner. Par crainte de me prendre une fessée dont je savais, d’expérience, qu’elle serait particulièrement cuisante, je m’employais de mon mieux à la faire vibrer. Je la caressais. De mes doigts. De ma langue. De ma bouche. Je la préparais. Je prenais tout mon temps. Je l’apprenais. Je finissais par savoir où, quand et comment il fallait très exactement que j’effleure, que je titille, que je lèche pour qu’elle perde pied et j’éprouvais, à la voir et à la sentir s’abandonner totalement à sa jouissance dans mes bras, un vrai bonheur. Et, avouons-le, une certaine fierté.

Tout ne se passait pourtant pas toujours de façon aussi idyllique. Il arrivait parfois que je n’atteigne pas mon but, soit que je m’avère incapable de me retenir soit que, pour une raison ou pour une autre, elle se montre moins réceptive que d’habitude. La sanction tombait alors, immédiate.
‒ Allez !
Elle n’avait pas besoin d’en dire davantage. Je lui offrais docilement mes fesses. Qu’elle tambourinait allègrement. Avec une énergie ! Qui me faisait crier de douleur et m’arrachait le plus souvent des larmes. J’avais beau supplier, m’efforcer de l’apitoyer, rien n’y faisait. Elle ne s’interrompait que lorsqu’elle jugeait, elle, la correction suffisante. Et elle me laissait alors pantelant, le derrière en feu et bien décidé à ne plus m’exposer à l’avenir à des punitions aussi mortifiantes. Seulement, les mêmes causes produisant les mêmes effets…

J’avais bien tenté, à plusieurs reprises, alors que je la sentais dans de bonnes dispositions à mon égard, de la faire renoncer à des pratiques si humiliantes pour un garçon de mon âge. Elle m’opposait systématiquement une fin de non-recevoir et, si j’insistais, me menaçait de mettre un terme définitif à notre relation. Argument décisif : je me savais incapable de me passer d’elle.
‒ Eh bien alors n’en parlons plus !
Et je me laissais punir chaque fois qu’elle estimait que je l’avais mérité.

Elle a même décidé, un beau jour, de passer à la vitesse supérieure.
‒ Parce qu’il t’arrive encore beaucoup trop souvent de ne pas te montrer à la hauteur.
J’ai voulu protester.
‒ Oh, pas tant que ça !
Elle a souri d’un air entendu.
‒ Ah, oui ? Tu trouves ?
Et haussé les épaules.
‒ Ne serait-ce qu’une fois tous les six mois, ce serait encore une fois de trop. Depuis le temps, tu devrais être parfaitement opérationnel.
Et la vitesse supérieure, ça a été le martinet.
‒ En attendant mieux si ce n’est pas suffisamment efficace…
Elle m’en cinglait généreusement les fesses, les cuisses, le dos, couvrant, chaque fois, le plus de surface possible et m’arrachant des cris déchirants. La douleur, lancinante, perdurait des jours et des jours durant ainsi que les longues stries rougeâtres qu’inscrivaient en profondeur les lanières sur ma peau et qui se boursouflaient au fil du temps.
Mais c’était efficace : je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour la satisfaire et ne pas m’exposer à ce châtiment particulièrement douloureux.

Je tenais portant à elle. Et de plus en plus. Malgré les fessées. Malgré le martinet. Malgré tout. Il m’était absolument impossible d’envisager la vie sans elle, sans nos après-midis, sans mes mains sur sa peau, sur ses seins, sur ses fesses, sans ma queue en elle, sans ses yeux qui chaviraient quand elle avait son plaisir.
Tout cela pouvait néanmoins finir. Et cette idée me rendait fou. Elle pouvait se lasser de moi, rencontrer quelqu’un qui aurait pour elle l’attrait de la nouveauté, qui la satisferait mieux que moi. Ou bien son mari pouvait s’apercevoir de quelque chose et exiger d’elle qu’elle rompe définitivement avec moi. Tant d’autres choses encore pouvaient se produire…
Aussi ce mardi-là, quand elle m’a annoncé, l’air grave, sérieux, qu’il fallait qu’on parle, mon sang n’a-t-il fait qu’un tour : la catastrophe que j’appréhendais tant était-elle en train de se produire ?

mercredi 8 janvier 2020

Premières armes (4)


Je me suis effondré sur mon lit en larmes. Comment ça me cuisait ! Le derrière, oui, bien sûr ! Qui était un véritable brasier. Mais plus encore l’amour-propre. Quelle humiliation elle m’avait imposée là ! Fessé d’importance comme un garnement désobéissant. À dix-neuf ans ! Je lui en voulais. Qu’est-ce que je pouvais lui en vouloir ! Et je m’en voulais. D’en être passé par où elle l’avait décidé. Sans avoir suffisamment cherché à m’y opposer. De ne pas avoir fait davantage, pendant, pour me dégager, pour lui échapper. De ne pas lui avoir dit, et vertement, ma façon de penser avant de m’éclipser.

J’ai passé une nuit cauchemardesque. Mes fesses ne me laissaient pas le moindre moment de répit. Ça te me tambourinait là-dedans ! Impossible de m’endormir. Tout juste parvenais-je à somnoler, de temps à autre, hanté par le souvenir de la correction que j’avais reçue. Je me la repassais en boucle, cette fessée. Je la revivais et, chaque fois, j’étais anéanti.
Au matin, ma décision était prise. Tout était fini entre nous. Je ne la reverrais pas. Jamais. Plutôt crever.

J’ai tenu bon. Deux jours. Trois jours. Quatre. Pas question d’aller sonner à côté. Après ce qui s’était passé… Il me fallait pourtant bien admettre, si je voulais être sincère avec moi-même, qu’elle me manquait. Que ses seins me manquaient. Que ses fesses me manquaient. Que sa chatte me manquait. Je fermais les yeux et je me revoyais me déverser en elle. Que c’était bon ! Quel plaisir j’y prenais ! Mais non. Non.
Plus les jours s’écoulaient pourtant, et plus mes bonnes résolutions s’émoussaient. Et moins je me sentais assuré dans ma détermination. Si bien qu’au tout début de la semaine suivante, j’ai craqué. Failli craquer. J’ai parcouru les quelques mètres qui me séparaient de chez elle, j’ai poussé le portillon, j’ai posé le doigt sur la sonnette. Je l’y ai laissé. Pas loin d’une minute. Et j’ai fait demi-tour. Non. Non. Je ne capitulerais pas.
Mais je savais déjà, tout au fond de moi, que c’était reculer pour mieux sauter, que je finirais par me rendre. J’avais trop envie d’elle. Et me donner solitairement du plaisir en imaginant que c’était avec elle, que c’était en elle, ne pourrait guère me satisfaire qu’un temps. C’était une question de jours.

Quinze jours. J’ai tenu quinze jours. Et puis un lundi…
‒ Tiens ! Un revenant ! Qu’est-ce tu veux ?
Ce que je voulais ?
‒ C’est-à-dire…
‒ Non, mais tu t’imagines quoi ? Que tu peux disparaître, comme ça, pendant des semaines entières, réapparaître, la bouche en cœur, et que je vais t’ouvrir tout grand les bras, ravie. Et les cuisses. Tu te crois vraiment tout permis, toi, hein ! À croire que ça t’a pas suffi la fessée de l’autre fois. Que t’as toujours rien compris. Qu’il t’en faudrait une autre.
‒ Mais non, mais…
‒ Mais si ! Alors ou bien tu te mets gentiment les fesses à l’air et tu viens, tout aussi gentiment, t’allonger en travers de mes genoux. Ou bien tu repasses la porte dans l’autre sens. Et c’est définitif. Tu ne remettras plus jamais les pieds ici.
Encore une fessée ? Ah, non ! Non ! Ça allait pas recommencer !
Elle attendait, les mains sur les hanches.
‒ Alors ? Tu te décides ? J’ai pas que ça à faire.
Mais, d’un autre côté, j’avais vraiment trop envie d’elle. Et l’avoir là, devant moi, les seins flottant dans son tee shirt trop large ras des fesses…
Et je l’ai fait. Comme un automate. Sans réfléchir. Sans l’avoir vraiment décidé. Je me suis déculotté. Le pantalon. Le boxer.
‒ Tu deviens docile. C’est bien. C’est très bien.
Elle m’a aidé à m’installer, m’a calé.
‒ Allez !
Et elle a tapé. Méthodiquement. Une fesse après l’autre. Je me suis abandonné, stoïque, concentrant toute mon attention sur ce qui allait advenir après, sur le plaisir incomparable que j’allais prendre dans ses bras. Et j’ai serré les dents. Autant que j’ai pu. Elle tapait fort, beaucoup plus fort encore que la première fois. Toujours au même endroit. La cuisson est vite devenue insupportable. Et, malgré tous mes efforts, je n’ai pas pu retenir mes gémissements, puis mes cris. Et enfin mes supplications.
Assez ! Assez ! Qu’elle arrête ! Mais qu’elle arrête!
Elle n’a pas cessé. Bien au contraire. C’était comme si mes hurlements la stimulaient davantage encore.

‒ Là !
C’était enfin fini.
Je me suis relevé. Elle aussi. J’ai massé, un court instant, mes fesses endolories. Et je l’ai prise dans mes bras.
La chambre. Le lit.

mercredi 1 janvier 2020

Premières armes (3)


Et elle a entrepris de faire mon éducation.
‒ D’abord, avant tout chose, il faut que tu apprennes à prendre ton temps. À ne pas te préoccuper que de ton seul plaisir. Ta partenaire a droit aussi au sien. Et, pour qu’elle l’atteigne, il faut que tu la prépares. Que tu la rendes réceptive. Patiemment.
Et elle m’a montré comment lui caresser les seins.
‒ Doucement ! Doucement ! Tu pétris pas du pain…
À en faire dresser les pointes. À les effleurer. Du bout du pouce.
‒ C’est mieux ! C’est beaucoup mieux.
À m’approcher lentement de son réduit d’amour. À m’en éloigner, avec regret, quand j’en étais tout prêt. À y revenir. À le lisser. À le faire ondoyer. À faire surgir son petit bouton. À le presser. À le faire éperdument vivre.
Et enfin, enfin… Après plus d’une semaine d’efforts assidus, elle s’est pâmée dans mes bras.
Et pelotonnée ensuite contre moi.
‒ Alors ? C’était pas mieux comme ça ? Pour moi, c’est sûr. Mais même pour toi, non ?
Si ! Si ! Je devais bien reconnaître…

Mais, maintenant que j’avais touché au but, maintenant que je savais que je pouvais la satisfaire, que je pourrais à nouveau la satisfaire lorsque je le voudrais, j’étais repris par mes vieux démons. Par mon impatience. J’escamotais les préliminaires. Je lui en faisais rapidement l’aumône et, pressé de parvenir à ma jouissance, je la pénétrais sans autre forme de procès et déchargeais en elle.
Elle me laissait terminer et elle protestait.
‒ Oh, ben non ! Non ! Pas comme ça ! Je t’ai appris. Je t’ai pas appris ?
Mais si ! Si ! Je l’embrassais. J’étais désolé. À l’avenir je ferais attention. Promis !
Je tenais ma promesse. Une fois. Deux fois. Et puis je me laissais à nouveau emporter par la fougue de mes dix-neuf ans.

‒ Tu veux pas comprendre, hein !
‒ Mais si ! Seulement…
Une nouvelle fois je venais de prendre mon plaisir sans me préoccuper vraiment du sien. Plein de bonne volonté, je m’étais remis presque aussitôt à l’ouvrage. Seulement, les mêmes causes produisant les mêmes effets…
‒ Non, tu veux pas comprendre.
Elle paraissait vraiment en colère. Furieuse.
‒ Alors le mieux, c’est qu’on en reste là. Tu retournes chez ta maman et moi, je me trouverai quelqu’un qui saura me manifester un minimum d’égards.
Hein ? Mais ça m’allait pas du tout, ça ! Ça pouvait pas finir comme ça ! Je voulais pas. C’était trop bien, nous deux.
‒ Pour toi, oui ! Pas pour moi !
J’ai encore promis. J’ai juré qu’à l’avenir…
‒ Je n’en crois pas un mot.
Je l’ai suppliée. Qu’elle me laisse au moins encore une chance.
Elle n’a pas cédé tout de suite. Elle s’est longuement fait tirer l’oreille. Et puis finalement…
‒ Bon ! Alors écoute ! Ça fait maintenant plusieurs semaines que je m’emploie à essayer de t’apprendre à donner du plaisir à ta partenaire. Je me suis beaucoup investie. En pure perte. Tu te comportes comme un gamin prétentieux qui ne veut rien entendre et n’en fait qu’à sa tête. Et tu sais ce qu’on leur fait aux gamins entêtés qui ne veulent pas apprendre leurs leçons ? Eh bien, on les corrige. On leur flanque de bonnes fessées déculottées pour leur mettre un peu de plomb dans la cervelle et les amener à prendre les choses un peu plus à cœur. Et c’est de cette façon-là que j’en userai désormais avec toi. Tu ne me laisses pas vraiment le choix.
Une fessée ? Mais…
‒ C’est à prendre ou à laisser. On bien tu acceptes d’en passer par là ou bien tu tailles la route de ton côté et bon vent
J’ai pris. Je m’attendais à quelques petites claques pas trop appuyées sur les fesses. Un jeu. Un jeu plutôt qu’autre chose.
Oui. Eh bien, j’ai pas été déçu du voyage. Ça a été une vraie fessée. Et appliquée avec une vigueur !
J’ai bien tenté de me débattre, mais elle avait pris soin de m’immobiliser solidement les jambes entre les siennes. En sorte qu’il m’a fallu boire le calice jusqu’à la lie et subir une volée de claques de plus en plus virulentes et de plus en plus cuisantes au fur et à mesure que le temps passait. Je l’ai suppliée d’arrêter. Elle n’en a tenu aucun compte.
‒ C’est moi qui décide !
Et elle a encore accentué l’intensité des coups. Ça a duré, mais duré ! J’ai crié. J’ai sangloté. Que ça faisait mal ! Mais que ça faisait mal !
Ça s’est enfin arrêté.
‒ Là ! Et dorénavant chaque fois que tu ne te seras préoccupé que de ton seul plaisir…
Je n’ai pas attendu la fin de la phrase. Je me suis enfui.

mercredi 25 décembre 2019

Premières armes (2)


Maman s’est étonnée.
– C’est pas encore fini ces peintures depuis le temps ?
– Parce que tu crois que ça se torche comme ça, toi ? En deux temps trois mouvements. Il y a tous les enduits à faire. Les sous-couches à passer. Et si on veut que ce soit à peu près potable…
– Oh, mais moi ce que j’en dis, hein ! Tu peux bien y rester tant que tu veux. Au contraire ! Pendant ce temps-là, j’entends pas ta musique beugler.

Dès que j’étais levé, et c’était de bonne heure, je me précipitais « à côté ».
Le plus souvent, je la trouvais en train de déjeuner. Dans un grand pyjama noir à motifs asiatiques.
Je rebuvais un café avec elle. Un autre. On discutait. De tout. De rien. On plaisantait. Et puis…
– Bon, mais c’est pas tout ça ! Faudrait peut-être s’y mettre. Je vais m’habiller.
S’habiller, pour elle, ça voulait dire aller revêtir l’un de ces vieux tee shirts échancrés qui m’offraient une vue imprenable, quand elle se penchait ou s’accroupissait, sur des seins qui me rendaient fou.
S’habiller, ça voulait dire aussi se couler dans des shorts qui lui moulaient les fesses au plus près. D’adorables petites fesses délicieusement joufflues dont je me repaissais, insatiable, quand elle me tournait le dos ou qu’elle était juchée sur l’escabeau.
On peignait. On marquait des pauses. On parlait. Rarement d’elle.
– Ça n’a pas beaucoup d’intérêt, moi. J’ai eu une vie des plus banales, tu sais. Elle l’est toujours d’ailleurs. Parle-moi de toi plutôt !
Je ne me faisais pas prier. Je lui parlais des musiques que j’écoutais.
– Je pourrais pas vivre, moi, sans musique.
D’électronique. Dont j’étais passionné.
– Ah, ça, si je pouvais en faire mon métier !
– Il y a pas de raison.
De l’Afrique.
– C’est là que j’aimerais aller vivre.
De tant d’autres choses encore.
Le soir tombait. Je la quittais, tout rempli du bonheur de ma journée. Et déjà impatient de celui du lendemain.

C’est arrivé un lundi. L’après-midi. Je m’étais morfondu tout le week-end. Parce que le week-end il y avait son mari.
– Et il faut que je me consacre un peu à lui. Je le vois pas de la semaine.
On venait de travailler, sans discontinuer, près de deux heures durant.
Elle a posé son pinceau.
– Quelle chaleur ! Pour un mois de septembre, c’est de la folie !
– On va y crever, oui !
– On dégouline. Aussi bien l’un que l’autre. Et t’es rouge, tu te verrais ! Alors tu sais pas ce que je te propose ? C’est qu’on marque une pause. Et qu’on en profite pour aller se prendre une douche. Ça nous rafraîchira. Allez, viens ! Ben, viens, j’te dis !
Ce qui signifiait ? Qu’on allait la prendre ensemble ? Je n’en croyais pas mes oreilles. Et je lui ai emboîté le pas, ravi.

Elle a tout retiré. Tout. Toute nue. Et j’ai eu ses seins en pente douce, aux larges aréoles rosées. Et j’ai eu sa chatte, recouverte d’une fine résille frisotante qui ne laissait rien ignorer de la douce encoche secrète.
Elle a escaladé le rebord de la baignoire. Et j’ai eu aussi ses fesses dans la contemplation desquelles je suis longuement resté figé.
– Eh ben, reste pas planté là ! Viens ! Rejoins-moi ! Qu’est-ce t’attends ?
Que je… Ah, oui. Oui. Je me suis déshabillé. À mon tour j’ai enjambé.
Elle m’a jeté un rapide petit coup d’œil en bas.
– Hou là ! C’est quoi qui te met dans cet état-là ? Moi ? C’est flatteur.
Elle a tendu la main. Doucement effleuré. Un peu enserré.
– Laisse-toi faire !
Elle est descendue soupeser les couilles, les a voluptueusement malaxées, est remontée jusqu’au gland, en a agacé la pointe, du bout du pouce. Et c’est venu. Tout de suite. Je lui ai déchargé sur les doigts, sur le poignet, sur l’avant-bras.
Elle a ri.
– Quel impatient tu fais ! Bon, ben maintenant on va pouvoir passer aux choses sérieuses.

Les choses sérieuses ça a été, dans sa chambre. Aussitôt. Dans son lit. Où je l’ai caressée comme un furieux.
‒ Doucement ! Doucement !
Où je l’ai fiévreusement pénétrée. Où j’ai triomphalement jailli. Où je suis piteusement retombé, bien conscient que…
‒ C’était pas bien pour toi, hein !
‒ Franchement, non. Je vais pas te raconter d’histoires. Tu t’en es bien rendu compte n’importe comment. Mais c’est pas grave. C’était la première fois. T’apprendras. Je t’apprendrai. Mais t’auras intérêt à t’appliquer. Et à te dépêcher de faire des progrès. Sinon…
Elle m’a ébouriffé la tignasse.
‒ Ce sera la fessée.

mercredi 18 décembre 2019

Premières armes (1)



Maman était tout excitée.
– Vous savez quoi ? Eh ben, ça y est. C’est occupé à côté. On a de nouveaux voisins. Boulimier, ils s’appellent. Stéphane et Margaux. Elle est très sympa. Elle m’a fait entrer. Et offert le café. Elle a la quarantaine. À peu près. Peut-être un peu plus. Lui, le mari, il est commercial dans une boîte de je sais pas trop quoi. Toujours sur la route. Il rentre que le week-end. Quant à elle, elle fait rien. Enfin, si on veut. Parce que là, dans l’immédiat, il va falloir qu’elle s’attaque aux peintures. Les Lambert leur ont laissé la maison dans un état lamentable. Dès demain, elle va s’y mettre. D’ailleurs, à ce propos, je lui ai dit que tu viendrais l’aider à déplacer les meubles, Alexandre. Parce qu’évidemment, les déménageurs lui ont tout laissé en vrac dans le séjour. T’es en vacances, t’as bien le temps. Et ça te sortira un peu de tes jeux vidéo.

Elle m’a ouvert un pinceau à la main. Un foulard bleu lui recouvrait entièrement la tête. Un vieux tee-shirt tout délavé tombait sur un court short kaki. Dessous les seins étaient libres. Et les jambes, fuselées, toutes bronzées, interminablement longues.
– Oui ?
– Je viens pour… Ma mère m’a dit… Les meubles… Pour les déplacer…
– Ah, tu es le petit voisin. C’est très gentil à toi d’avoir accepté de venir me donner un coup de main. Parce que toute seule… Tiens, entre ! C’est par là. Ce qu’il faudrait d’abord, c’est pousser ce gros bahut, là, au milieu. Que je puisse accéder au mur. Tu y es ? Un… Deux… Trois…
Elle s’est penchée. Les seins ont ballotté dans l’échancrure du tee shirt. J’ai détourné le regard. Essayé. Je n’ai pas pu. J’y suis obstinément revenu.
– Là… Parfait ! Et si c’est pas trop te demander, on va aussi déplacer ce grand truc. Comme ça je devrais pouvoir avoir fini au moins cette pièce avant le retour de mon mari samedi. Hou là ! Il pèse celui-là, hein !
À nouveau ses seins. Plus généreusement offerts encore. Ils ont doucement oscillé.
– Vas-y, pousse ! Juste un peu. Un peu plus. Voilà. Bon, ben merci. Merci bien.

J’ai dérivé à regret vers la porte
– Si vous avez encore besoin…
– Je ferai appel à toi. C’est entendu. Je me gênerai pas.
– Mais même…
– Même ?
– Si vous voulez que je vous donne un coup de main pour vos peintures. Ça vous avancerait.
– Faut pas exagérer. Ce serait abuser.
– Oh, non ! Non ! Ça m’occupera. C’est que dans trois semaines la rentrée à la fac. Alors en attendant…
– Dans ces conditions, c’est pas de refus. Mais je te dédommagerai…
– C’est pas la peine, non, c’est pas la peine. Bon, mais je reviens. Je reviens tout de suite. Je vais me changer.

Une heure plus tard, elle constatait.
– T’avances vite, toi, dis donc ! C’est impressionnant. Par contre, t’es pas très causant. T’es toujours comme ça ?
– Oh, non, non ! Je parle d’habitude.
– Mais pas à moi. C’est que je suis trop vieille, c’est ça ? Et à une vieille comme moi tu sais pas trop quoi raconter.
– Hein ? Mais vous êtes pas vieille ! Ah, non alors ! Vieille, vous ! Ah, non ! Alors ça, non !
– C’est gentil ce que tu me dis là. Eh bien parle-moi alors ! Raconte-moi des choses. Tiens, ta petite amie, par exemple. Elle s’appelle comment ?
– Ma petite amie ?
– Ta petite amie, oui. T’as bien une petite amie quand même ! T’as quel âge ?
– Dix-neuf.
– À dix-neuf ans, tout le monde a une petite amie. Pas toi, apparemment, vu ton air. Pourquoi ? Elles t’intéressent pas les filles ?
– Oh, si ! Si !
– Eh ben alors !
– Je sais pas.
– Elles te font peur, c’est ça ?
– Oh, non ! Souvent je suis avec. Des tas en plus. On discute. On rigole. On déconne.
– Et c’est tout. Ça en reste là. T’en crèves d’envie, mais ça va pas plus loin. Jamais. C’est ça, hein ? Et il te vient pas à l’idée que… Parce que t’es beau garçon. Agréable à regarder. Pour autant que je puisse en juger, t’as l’air d’avoir excellent caractère. Et il te vient pas à l’idée que, parmi toutes ces filles, il y en a sûrement qui en crèvent d’envie autant que toi ? Et beaucoup plus que tu ne crois… Seulement si t’oses pas… Si tu leur fais pas voir…
– Ben oui, mais…
– Mais t’as la trouille. De pas savoir faire. De pas être à la hauteur. Qu’elles se moquent de toi. Parce que… t’es puceau, hein ? Oui, évidemment que tu l’es. Ça saute aux yeux. Le jour où tu le seras plus tu verras que tout sera beaucoup plus facile. Seulement pour plus l’être encore faut-il finir par se lancer…

mercredi 11 décembre 2019

Sévères voisines (36)


Célestine s’est assise au bord de mon lit.
‒ Bien. Alors voilà ! J’ai pris ma décision. On reste ensemble. Du moins pour le moment. Parce que si d’aventure j’apprenais que tu as remis ça, que tu as cherché à épier qui que ce soit sous la douche, dans des vestiaires, des cabines d’essayage ou n’importe où ailleurs, tout serait définitivement fini entre nous. C’est bien compris ?
J’ai baissé la tête.
‒ Oui.
‒ Par ailleurs si, dans quelque domaine que ce soit, j’ai à me plaindre de toi de quelque façon que ce soit, je te punirai puisque, apparemment, il n’y a que ça que tu comprends. Au martinet, à la ceinture ou à la main. Ce sera selon. Ça aussi, compris ?
J’ai fait signe que oui.
– Bien. Cela étant, ne va pas t’imaginer, sous prétexte que je suis, du moins pour le moment, à des centaines de kilomètres d’ici, que tu vas pouvoir en prendre à ton aise sans que m’en revienne le moindre écho. J’ai chargé Camille de te placer sous haute surveillance. Tout ce que tu pourras dire ou faire me sera scrupuleusement rapporté. Dans les moindres détails.
Ah, comme elle devait jubiler, ma garce de sœur !
– Autre chose : je serai dorénavant la seule habilitée à te corriger lorsque ce sera nécessaire. Plus question que la première venue te tambourine le derrière. Et pour que ce soit parfaitement clair, pour tout le monde, tu vas te déshabiller. Allez !
– Là ? Tout de suite ? Maintenant ?
– Évidemment ! Pas dans six mois.
Elle m’a regardé faire.
‒ En route !
Elle m’a poussé devant elle dans l’escalier, puis dans la salle de séjour. Où je me suis brusquement trouvé nez à nez avec elles toutes. Madame Dubreuil. Ses filles, Manon et Emma. Ma sœur Camille. Clémence. Johanna. Jasmine.
Sous l’effet de la surprise, j’ai eu un mouvement de recul instinctif qui a déclenché l’hilarité générale. D’une grande bourrade dans le dos, Célestine m’a propulsé jusqu’au milieu de la pièce.
‒ Bon. Inutile de faire les présentations, j’imagine ! Tu connais tout le monde.
Elle s’est tournée vers elles. A détaché sa ceinture.
‒ Désormais, c’est moi qui prends les rênes en mains.
Il y a eu un murmure d’approbation.
‒ Quant à toi, à genoux !
Face à elles. Tous leurs regards rivés à moi.
‒ Prêt ? Eh bien, réponds !
J’étais prêt, oui.
Et elle a cinglé. Un grand coup. Qui m’a mordu à pleines fesses. Qui m’a arraché un gémissement de douleur. Elle a continué sur sa lancée. Méthodiquement. Régulièrement. Fort. Vite. Toujours au même endroit.
Serrer les dents. Pour ne pas crier. Ne pas les regarder. Fixer un point très loin au-dessus d’elles.
J’ai tenu bon. Un peu. Et puis ça a été plus fort que moi. J’ai pas pu m’empêcher. Je me suis empêtré dans les yeux d’Emma qui arborait un petit sourire d’intense satisfaction. Dans ceux de Jasmine qui me fixait en bas sans la moindre vergogne. Et j’ai crié. Comment j’ai crié !
Elle s’est enfin arrêtée.
‒ Là ! Pour solde de tout compte.
Elle m’a prise par le bras, fait tourner sur moi-même, entraîné vers la porte.
Quelqu’un, derrière, a dit quelque chose que je n’ai pas compris. Et elles ont toutes ri. De bon cœur.
Un rire qui m’a poursuivi dans l’escalier.

En haut, elle m’a attiré contre elle.
‒ Là ! Voilà les pendules remises à l’heure. Maintenant on peut repartir sur de nouvelles bases tous les deux.
Et elle m’a poussé vers le lit.

FIN

mercredi 4 décembre 2019

Sévères voisines (35)


Je me suis précipité dans la chambre de Camille.
Elle était assise à son ordinateur.
– T’es allée tout lui raconter à Célestine, hein !
– D’abord, pour commencer, tu pourrais frapper.
– Parce que tu frappes, toi, quand tu rentres dans ma chambre ?
– C’est pas pareil. Dix mille fois, je l’ai vu,moi, ton cul. Et en couleurs en plus.
– C’est toi qui l’as fait venir. Pour me piéger. C’est ça, hein !
– Si tu veux que je te réponde, tu sors et tu frappes.
Ce que j’ai fait en maugréant.
– Entre !
– Tu peux m’expliquer ?
Elle s’est levée.
– Oui, c’est moi qui ai mis Célestine au courant ! Oui. Dans ton intérêt.
– Ben, voyons !
– Parfaitement, oui. Dans ton intérêt. Parce que tu la connais pas, Clémence. Elle est toxique, cette fille. Elle allait t’embringuer dans tout un tas de trucs dont tu ne serais certainement pas ressorti indemne !
– Oh, tu parles !
– Eh, si ! Elle n’a aucune limite. Elle fait ce qu’elle a envie. Comme elle a envie. Quand elle a envie. En prenant des risques inconsidérés. Je pourrais t’en raconter pendant des heures et des heures là-dessus, si je voulais. Ça parle, les filles entre elles. Elle a déjà eu des tas d’ennuis. Elle t’en aurait fait avoir. Et de sérieux. Parce que te connaissant comme je te connais, t’aurais été incapable de dire non. Tu te serais laissé entraîner. D’autant plus qu’au final t’es comme elle. Exactement comme elle. Dès qu’il s’agit de mater, il y a plus rien qui te retient. Et t’aurais donné, tête baissée, dans tous les panneaux qu’elle t’aurais tendus. Seulement t’es mon frère. Et je n’ai pas du tout envie d’être obligée d’aller te porter des oranges en prison.
– Rien que ça ! Tu crois pas que t’exagères ?
– Non, j’exagère pas, non !
– Tu peux pas la voir, c’est ça, hein ! Qu’est-ce qu’elle t’a fait ?
– Mais rien du tout !
– On dirait pas !
– Et toi, pourquoi tu tiens tellement à la défendre ? Elle t’a tapé dans l’œil ?
– N’importe quoi !
– Alors je te signale, à toutes fins utiles, qu’elle est lesbienne, Clémence. Résolument lesbienne. Exclusivement lesbienne. Et lesbienne conquérante. Il y a des tas de filles qui te le diront.
– Ah, je comprends mieux. Elle marche dans tes plates-bandes en fait.
– T’es vraiment très con quand tu t’y mets.
– Je sais pas. On peut se demander. Remontée comme tu es contre elle.
– N’importe comment, c’est pas le problème, Clémence. Le problème, c’est qu’il fallait bien que tu sortes, d’une façon ou d’une autre, de cette situation. Qui pouvait pas s’éterniser comme ça encore des mois et des mois. Tu pouvais pas continuer à te prendre indéfiniment des fessées en veux-tu en voilà et à être la risée de toute la fac. Parce que tu sais pas tout. Et je peux te dire qu’il s’en fait partout des gorges chaudes du cul tanné de Raphaël. Et que ça a pris des proportions !
– Ce à quoi tu as largement contribué, non ?
– Pour te faire réagir. Et Dieu sait si je m’y suis employée. Dans l’espoir que tu finirais par prendre, de toi-même, le taureau par les cornes et par dire la vérité à Célestine. Parce que c’était la seule solution. Parce que c’était par elle qu’elles te tenaient et par la peur viscérale que tu avais qu’elles la mettent au courant. Mais comme réagir, c’était manifestement au-dessus de tes forces, il a bien fallu que je m’y colle et que je monte au créneau.
– Et maintenant, résultat des courses, Célestine m’en veut à mort.
– Qu’elle t’en veuille, ça, c’est sûr ! Et c’est bien un peu normal, non ? Mais tu sais de quoi elle t’en veut le plus ? Et de loin. C’est de ne pas lui avoir fait confiance. C’est d’avoir pu penser qu’elle ne comprendrait pas. Qu’elle ne pardonnerait pas.
– Tu crois que je peux rattraper le coup alors ?
– Franchement, oui ! À condition de faire profil bas. Et à condition de pas te remettre à mater à la première occasion.
– Oui, oh, ben ça, ça coule de source ! Pas question que j’y remette le nez, alors là !
– Sois pas trop sûr de toi, va ! Parce que si le bât risque de blesser, c’est bien de ce côté-là…