mercredi 4 décembre 2019

Sévères voisines (35)


Je me suis précipité dans la chambre de Camille.
Elle était assise à son ordinateur.
– T’es allée tout lui raconter à Célestine, hein !
– D’abord, pour commencer, tu pourrais frapper.
– Parce que tu frappes, toi, quand tu rentres dans ma chambre ?
– C’est pas pareil. Dix mille fois, je l’ai vu,moi, ton cul. Et en couleurs en plus.
– C’est toi qui l’as fait venir. Pour me piéger. C’est ça, hein !
– Si tu veux que je te réponde, tu sors et tu frappes.
Ce que j’ai fait en maugréant.
– Entre !
– Tu peux m’expliquer ?
Elle s’est levée.
– Oui, c’est moi qui ai mis Célestine au courant ! Oui. Dans ton intérêt.
– Ben, voyons !
– Parfaitement, oui. Dans ton intérêt. Parce que tu la connais pas, Clémence. Elle est toxique, cette fille. Elle allait t’embringuer dans tout un tas de trucs dont tu ne serais certainement pas ressorti indemne !
– Oh, tu parles !
– Eh, si ! Elle n’a aucune limite. Elle fait ce qu’elle a envie. Comme elle a envie. Quand elle a envie. En prenant des risques inconsidérés. Je pourrais t’en raconter pendant des heures et des heures là-dessus, si je voulais. Ça parle, les filles entre elles. Elle a déjà eu des tas d’ennuis. Elle t’en aurait fait avoir. Et de sérieux. Parce que te connaissant comme je te connais, t’aurais été incapable de dire non. Tu te serais laissé entraîner. D’autant plus qu’au final t’es comme elle. Exactement comme elle. Dès qu’il s’agit de mater, il y a plus rien qui te retient. Et t’aurais donné, tête baissée, dans tous les panneaux qu’elle t’aurais tendus. Seulement t’es mon frère. Et je n’ai pas du tout envie d’être obligée d’aller te porter des oranges en prison.
– Rien que ça ! Tu crois pas que t’exagères ?
– Non, j’exagère pas, non !
– Tu peux pas la voir, c’est ça, hein ! Qu’est-ce qu’elle t’a fait ?
– Mais rien du tout !
– On dirait pas !
– Et toi, pourquoi tu tiens tellement à la défendre ? Elle t’a tapé dans l’œil ?
– N’importe quoi !
– Alors je te signale, à toutes fins utiles, qu’elle est lesbienne, Clémence. Résolument lesbienne. Exclusivement lesbienne. Et lesbienne conquérante. Il y a des tas de filles qui te le diront.
– Ah, je comprends mieux. Elle marche dans tes plates-bandes en fait.
– T’es vraiment très con quand tu t’y mets.
– Je sais pas. On peut se demander. Remontée comme tu es contre elle.
– N’importe comment, c’est pas le problème, Clémence. Le problème, c’est qu’il fallait bien que tu sortes, d’une façon ou d’une autre, de cette situation. Qui pouvait pas s’éterniser comme ça encore des mois et des mois. Tu pouvais pas continuer à te prendre indéfiniment des fessées en veux-tu en voilà et à être la risée de toute la fac. Parce que tu sais pas tout. Et je peux te dire qu’il s’en fait partout des gorges chaudes du cul tanné de Raphaël. Et que ça a pris des proportions !
– Ce à quoi tu as largement contribué, non ?
– Pour te faire réagir. Et Dieu sait si je m’y suis employée. Dans l’espoir que tu finirais par prendre, de toi-même, le taureau par les cornes et par dire la vérité à Célestine. Parce que c’était la seule solution. Parce que c’était par elle qu’elles te tenaient et par la peur viscérale que tu avais qu’elles la mettent au courant. Mais comme réagir, c’était manifestement au-dessus de tes forces, il a bien fallu que je m’y colle et que je monte au créneau.
– Et maintenant, résultat des courses, Célestine m’en veut à mort.
– Qu’elle t’en veuille, ça, c’est sûr ! Et c’est bien un peu normal, non ? Mais tu sais de quoi elle t’en veut le plus ? Et de loin. C’est de ne pas lui avoir fait confiance. C’est d’avoir pu penser qu’elle ne comprendrait pas. Qu’elle ne pardonnerait pas.
– Tu crois que je peux rattraper le coup alors ?
– Franchement, oui ! À condition de faire profil bas. Et à condition de pas te remettre à mater à la première occasion.
– Oui, oh, ben ça, ça coule de source ! Pas question que j’y remette le nez, alors là !
– Sois pas trop sûr de toi, va ! Parce que si le bât risque de blesser, c’est bien de ce côté-là…

mercredi 27 novembre 2019

Sévères voisines (34)


Célestine était dans ma chambre. Sur mon lit.
J’ai écarquillé les yeux.
– Toi ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? T’es arrivée quand ?
Elle s’est levée d’un bond.
– Je sais tout !
J’ai commencé par nier. Par réflexe. À tout hasard.
– Tu sais quoi ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
– Fais voir tes fesses ! Allez, fais voir !
Elle s’est saisie de la boucle de ma ceinture.
J’ai protesté. Mollement. Très mollement. Vu la façon dont les choses semblaient vouloir tourner, mieux valait sans doute, dans mon propre intérêt, faire profil bas.
Elle m’a déculotté. Avec détermination. A tout descendu, pantalon et boxer, sur les chevilles.
– Tourne-toi !
Elle m’a saisi par le bras. Fait pivoter sur moi-même.
– Effectivement !
Elle m’a longuement passé la main sur le derrière, a redessiné les contours de la fessée que je venais de recevoir.
– J’attends des explications.
– T’as dit que tu savais.
– Je veux l’entendre de ta bouche. Allez, j’écoute !
– C’est que j’ai…
– Oui ?
– Épié les voisines sous la douche.
– Et qu’elles t’ont surpris. Ensuite ?
– Elles m’ont menacé de tout raconter.
– À qui ?
– À tout le monde.
– Et à moi en particulier.
– À moins que j’accepte d’être puni.
– Ce que tu as fait. Mais, en attendant, du coup, tu m’as menti. Par omission, mais tu m’as menti. Et tu as poussé de fait, en passant cet accord avec elles, les autres à me mentir aussi. J’étais pourtant la première concernée, non ? Et en droit de savoir qui tu es en réalité puisque je sors avec toi, puisque je couche avec toi et puisqu’on envisage de faire notre vie ensemble. Non ?
– Ben oui, mais…
– Mais tu savais pertinemment comment j’allais réagir. Bon, mais il y a pas que ça…
J’ai feint l’étonnement.
– Pas que ça ?
– Il faut vraiment que je te rafraîchisse la mémoire ? Tu ferais beaucoup mieux de la retrouver tout seul, tu sais ! Ça vaudrait beaucoup mieux.
– Ah, oui ! C’est vrai ! Il y a eu le stade. Les vestiaires…
– Les voisines te suffisaient plus, faut croire ! Il te fallait carrément toute une équipe de hand… Tu veux que je prenne ça comment, moi, hein ? Tu crois vraiment que je vais pouvoir passer ma vie avec un type dont je serai amenée à me demander sans arrêt s’il court pas reluquer tout un tas de petites nanas dès que j’ai le dos tourné ?
– Je le ferai plus, je t’assure ! Non, si, c’est vrai, hein !
– Que tu prétends ! Pour rattraper le coup. En te disant, en arrière-fond, qu’une fois que l’orage sera passé, tu pourras à nouveau, à condition d’être discret, te livrer à tes dépravations.
– Je te jure que…
– Mais bien sûr ! Évidemment ! Tu vas pas dire le contraire. Non, je vais être franche avec toi, Raphaël ! Après un truc pareil, je sais plus du tout où on est tous les deux. Je me sens trahie. Alors faut que je réfléchisse. Que je pèse le pour et le contre.

mercredi 20 novembre 2019

Sévères voisines (33)


Et Camille nous a plantés là.
– J’ai à faire. On m’attend.
J’ai entrepris de me rhabiller. Avec mille précautions. Et l’aide compatissante de Clémence. Qui m’a aidé à renfiler, l’un après l’autre, mes vêtements.
– Ça te fait mal, hein ?
– Ben tu sais, le frottement du tissu par-dessus une correction pareille, ça fait pas vraiment du bien.
– Je suis désolée.
J’ai haussé les épaules.
– Il y avait pas d’autre solution.
– Oui, mais quand même ! J’étais pas obligée de taper à ce point-là. Seulement comme je t’ai dit…
– Une fois que t’es lancée, tu peux plus t’arrêter. Ça te déborde de partout. Et ça déferle comme ça veut.
– Voilà, oui.
– T’y prends du plaisir, hein, en fait ? C’est ça ?
Elle n’a pas répondu.
– C’est ça ?
Elle a relevé la tête, plongé ses yeux dans les miens.
– Oui.
– Et un plaisir intense.
Son silence était un aveu.
J’ai suggéré.
– Tu peux te caresser si tu veux.
Elle s’est absorbée dans la contemplation de mon derrière qu’elle a très doucement effleuré. Dans celle de mon dos. Sur lequel elle a promené un doigt.
– Faudrait y passer quelque chose. Ça te ferait du bien. J’ai des trucs adoucissants chez moi. On y va, si tu veux. C’est pas loin.

Chez elle. Où je me suis à nouveau déshabillé. Étendu à plat ventre sur le lit. Elle s’est assise à mes côtés.
– Détends-toi !
Et elle m’a massé. D’abord le dos. Avec quelque chose de frais. qu’elle a étendu, d’un doigt léger, sur toute la surface.
– Comment ça soulage !
– C’est fait pour…
Elle est descendue. Le creux des reins. S’est arrêtée.
– Qu’est-ce qu’elle a voulu dire, tu crois, pour moi, que je perdais rien pour attendre ?
– Oh, alors ça, je n’en ai pas la moindre idée ! Mais avec elle on peut redouter le pire. Et tout imaginer.
– C’est ce que je vais faire. À tous les coups.
– Te prends pas trop la tête non plus. Parce que peut-être qu’elle est en train de te concocter un truc et puis peut-être que non. Qu’elle fera rien du tout. Que c’est juste histoire de te mettre la pression. Ce serait bien son genre.
Elle s’est remise à me masser. Les fesses. À petits coups rapides. Circulaires. L’une après l’autre.
– Tu m’en veux pas trop ?
– Pour être tout à fait franc avec toi, même si ça me brûle, même si je déguste, l’idée que tu as pris du plaisir à me fouetter ne m’est pas si désagréable que ça… Et même…
Elle a eu comme un petit soupir de soulagement.
–Oh, ben ça va alors !
Et son doigt s’est insinué dans la raie entre mes fesses, l’a habitée.
Elle a encore soupiré. Le lit s’est mis à bouger. Doucement d’abord. Puis de plus en plus vite. Elle a haleté. Elle a gémi. Son doigt m’a cherché derrière. Avec impatience. M’a trouvé. Pénétré. Et son plaisir l’a submergée.

mercredi 13 novembre 2019

Sévères voisines (32)


Pour la vingtième fois au moins, Clémence a regardé son portable.
– Elle avait dit trois heures, ta sœur et…
– Il en est presque quatre. Je sais, oui. Elle nous met la pression. De sa part, il fallait s’y attendre, ça !
Elle nous avait donné rendez-vous devant les bouches d’aération.
– Le théâtre de vos exploits. C’est l’endroit qui va de soi pour qu’elle te flanque une bonne correction, non ?
Clémence a soupiré.
– Quelle garce quand même ! Te fliquer comme ça…
– C’est ma faute aussi. J’aurais dû m’en douter. La connaissant…
– C’est vraiment pas de chance. Dès la première fois, on se fait ramasser ! Quand je pense à comment on aurait pu en profiter de toutes ces filles. Pendant des tas de semaines. Bon, mais au moins t’auras vu Jasmine. Tu sais comment elle est faite maintenant. Alors quand tu voudras…
Elle n’a pas terminé sa phrase.
On est restés quelques instants silencieux et puis elle m’a posé la main sur le bras.
– Je taperai pas trop fort, tu sais !
– C’est gentil, mais il va bien falloir pourtant. Parce que, si tu le fais pas, si elle trouve que c’est trop mou, elle parlera, c’est sûr. Et ça, c’est ce qu’il faut éviter à tout prix. Dans ton intérêt aussi bien que dans le mien…
– Oui, mais…
J’ai haussé les épaules.
– Oh, tu sais, au point où j’en suis maintenant…
Elle s’est agitée.
– Non, mais c’est pas ça ! C’est que je me connais. Et, si je me lâche, je maîtriserai plus rien. J’aurai plus aucune limite. Même si j’essaie de me raisonner. Ce sera plus fort que moi.
– Faut que je m’attende à passer un sacré mauvais quart d’heure alors !
– Je suis désolée.
J’ai soupiré, fataliste.
– Je ferai avec. Faudra bien.

Camille a surgi sur le coup de cinq heures.
– Ah, vous êtes là !
– Ça fait même un sacré moment.
– Bon, ben allez alors ! Perdons pas de temps ! Tu te déshabilles, toi !
Je me suis exécuté. Le pantalon. Le boxer.
– Le haut aussi ! Il va y attraper, ton dos. Là ! Et maintenant tu donnes ta ceinture à Clémence.
Qui s’en est emparée en me jetant un rapide petit regard contrit.
– Et tu te mets à genoux. Bon, ben allez ! Feu !
Clémence m’a lancé deux ou trois coups. Sans véritable conviction. Et Camille a éclaté de rire.
– Si tu t’y prends comme ça, ce soir tout le monde est au courant.
Les coups se sont faits plus secs, plus appuyés.
– C’est mieux ! Mais c’est pas encore ça. C’en est loin.
Plus fort. Beaucoup plus fort. Sur les fesses. Au creux des reins. Sur le dos. Sur les cuisses. Ça a cinglé. Ça a brûlé. Ça a mordu.
– Continue ! Continue !
De plus belle.
J’ai crié. J’ai hurlé. J’ai rampé, sur les genoux, au hasard. Suis venu buter contre un mur. Qui m’a arrêté.
Encore une dizaine de coups. À toute volée. À plein régime.
Camille a mis fin, m’a saisi, par les cheveux forcé à la regarder.
– Tu vas comprendre ce coup-ci ? Tu vas leur foutre la paix aux filles ? Une bonne fois pour toutes ? Ils me sortent par les yeux, les types dans ton genre. Et Dieu sait si ça pullule…
Elle s’est tournée vers Clémence…
– Quant à toi, tu perds rien pour attendre…

mercredi 6 novembre 2019

Sévères voisines (31)


Camille m’attendait, tranquillement installée sur mon lit, les mains sous la nuque.
– Non, mais faut pas te gêner. Ça va ? Je te dérange pas ?
– Pas vraiment, non. T’étais où ?
– Si on te le demande…
– Je dirai que je le sais. Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que t’as à me regarder comme ça ?
– Tu…
– Je le sais, oui. T’étais au stade en train de mater les filles du hand à poil sous la douche.
J’ai voulu nier.
– Hein ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
– Je vous ai vus. De mes yeux vus. Ce dont vous ne vous êtes absolument pas rendu compte. Vous étiez bien trop occupés à vous rincer l’œil. Et à vous palucher.
J’ai désespérément cherché à retourner la situation à mon avantage.
– Alors comme ça, tu me suis. Tu m’espionnes. Ah, ben bravo ! Bravo !
– Je t’espionne pas. Je te surveille. Pour t’empêcher de faire des conneries. Nuance. Et j’ai bien raison. La preuve !
Elle s’est redressée, assise au bord de mon lit.
– En douce que tu t’es mis dans de sacrés beaux draps. Parce qu’elle va être contente Célestine quand elle va apprendre que tu fricotes avec une autre.
– Je fricote pas avec.
– Ah, non ? Oh, ben tu lui expliqueras alors… Tu lui expliqueras que là, vous étiez juste en train de vous branler gentiment en chœur, mais que le reste du temps, quand vous êtes ensemble, vous enfilez des perles. Elle va te croire, sûrement.
– N’empêche que c’est vrai.
Elle a ignoré l’interruption.
– Et les filles ! Manon. Emma. Johanna. Jasmine. Elles vont être ravies, les filles ! Surtout Jasmine. Que t’as pas dû te gêner pour reluquer tant et plus. Ah, là, tu peux t’attendre à une de ces corrections avec elle… Et c’est pas tout. Parce qu’elle va forcément en parler à ses copines du hand. Qui, elles, ne se contenteront sûrement pas de te tambouriner le derrière, mais qui, à tous les coups, vont vouloir porter plainte. Non, cette fois-ci, tu t’en tireras pas comme ça, mon coco. Ça va prendre de sacrés proportions tout ça, probable.
– Camille…
– Quoi, « Camille » ? Quoi ? Tu veux que je la ferme, c’est ça ? Que je te couvre, une fois de plus? Eh ben non, non ! J’en ai marre, figure-toi ! Mais marre à un point que t’as même pas idée. Alors, ce coup-ci, c’est bon. Ça suffit.
– Tu peux pas faire ça.
– Bien sûr que si que je peux… Et pourtant non, t’as raison, je vais peut-être pas le faire. C’est ça le pire. Parce que t’es mon frère. Parce que si on te colle un procès au cul, ce qui est vraisemblable, ça va te suivre toute ta vie. Parce que ça te portera préjudice, plus tard, dans ton boulot. Et parce que, d’une certaine façon, ça va nous retomber dessus, à maman et à moi. Alors non, je vais peut-être pas le faire. Tout va dépendre de Clémence, en fait.
– De Clémence ?
– De Clémence, oui. C’est elle qui va te corriger. C’est pas une excellente idée, ça ? Une bonne cinglée. À la ceinture. Sur les fesses et sur le dos. Et alors, de deux choses l’une : ou bien elle va prendre son rôle bien à cœur, je serai satisfaite de sa prestation et, pour cette fois, je passerai l’éponge. Au moins momentanément. Ou bien elle va te ménager, retenir ses coups et alors là, je n’aurai pas le moindre état d’âme. On saura tout. Tout le monde.
– Mais…
– Mais quoi ? Qu’est-ce tu vas me dire ? Qu’elle est au moins aussi coupable que toi ? Et alors ? Tu ne l’es pas moins pour autant. Si ? Et, de toute façon, c’est moi qui décide. C’est à prendre ou à laisser. Allez ! Tu l’appelles…

mercredi 30 octobre 2019

Sévères voisines (30)


Célestine n’était finalement pas venue pour mon anniversaire.
Camille a triomphé.
– Et ça t’étonne ?
– Non ! Si ! Enfin un peu quand même…
– Tu vas finir par t’en mordre les doigts de tout ça à force de faire, mais après tout c’est pas mon problème.
Ce n’était pas le mien non plus. Du moins pour le moment. Je verrais plus tard. Parce que, pour le moment, ce qui m’importait c’était l’expédition prévue avec Clémence dans les vestiaires du stade.

Laquelle Clémence m’a assailli de recommandations.
– Bon, alors t’as bien compris ? La grille, on la passe d’un pas à la fois tranquille et décidé. Si le gardien nous demande ce qu’on veut, tu me laisses répondre. Après, en principe, il y a plus de danger. Au pire, en cas d’imprévu, on est un couple à la recherche d’un coin tranquille pour roucouler. Capito ?

On a franchi la grille sans encombre. On s’est engouffrés, par une petite porte latérale, dans un local encombré de ballons, de filets, de cordes et de tout un matériel hétéroclite. Un autre porte. Un couloir. Un dédale de couloirs. Un escalier. Une sorte de petite pièce-terrasse. Et deux grandes bouches d’aération par lesquelles on avait une vue imprenable sur l’enfilade des douches.
– Et voilà ! À toute l’équipe senior on va avoir droit. De dix-neuf à trente-cinq ans elles s’échelonnent. Et je peux te dire qu’il y en a là-dedans, elles valent sacrément le coup d’œil. Rien que d’y penser !

On a attendu. Pas bien longtemps. Une dizaine de minutes. Et puis il y a eu des rires, des exclamations. Quelque chose a bruyamment raclé le sol. Une première fille est apparue. Nue. Une brune. Aux seins lourds. À la toison noire épanouie. Et frustrante : on voyait rien là-dessous.
– Elle, c’est Damia. Je te raconterai. Plus tard. On regarde pour le moment.
Une autre. Une grande mince, aux seins quasi inexistants. À peine une boursouflure. À l’ombrage léger. Châtain clair.
– Valentine.
– Tu les connais toutes ?
– Pratiquement. Je t’expliquerai.
Deux autres. Ensemble. En parlant. En riant. L’une de face, à la peau très pâle, aux seins veinés de bleu, à l’encoche surmontée d’un petit échantillon de poils frisottés blonds et l’autre, de dos, les fesses généreuses, délicieusement rebondies.
– Emma. De toutes c’est celle que je préfère.
Et elle a glissé sa main dans son pantalon.
– La voilà ! Jasmine ! La voilà ! Allez, venge-toi !
Jasmine ! Je me suis rivé à elle, la gorge sèche, les maints tremblantes. À ses seins au dénivelé émouvant, aux aréoles rosées, aux pointes dressées. À son encoche offerte à nu.
Clémence a murmuré.
– T’es verni, toi ! Elle se l’est rasé. C’était pas le cas les autres fois.
Jasmine s’est longuement offerte à la douche, le visage levé, les yeux fermés. S’est tournée, m’a tendu deux petites fesses bien fermes, à l’arrondi voluptueux.
Un demi-tour sur elle-même. À nouveau de face.
Clémence, à mes côtés, a respiré plus vite. Son pantalon était descendu sur ses genoux. Ses doigts s’activaient frénétiquement dans sa culotte.
– Tu te le fais pas, toi ?
– Oh, si ! Si ! Bien sûr que si !
Et je me la suis sortie. Et je me le suis fait. Sans quitter Jasmine un seul instant des yeux.
Clémence a doucement psalmodié son plaisir.
– Oh, que c’est bon ! Que c’est bon !
Puis regardé, de tout près, surgir le mien.

mercredi 23 octobre 2019

Sévères voisines (29)


Camille a déboulé dans la salle de bains tandis que j’étais sous la douche.
Ce qui devenait une habitude.
– Faut que je te parle… Faut absolument que je te parle. Parce que…
Elle s’est brusquement interrompue, les yeux écarquillés.
– Encore ! Mais c’est tous les jours que tu t’en ramasses des fessées en ce moment. Tu le fais exprès, ma parole !
– Mais bien sûr ! J’adore ça. Ça se voit pas ?
– On finirait par se le demander. En attendant, là, on t’a pas loupé. Au martinet on te l’a fait. Et c’est tout récent. Il s’est passé quoi ?
– Oh, mais rien ! Ça te regarde pas n’importe comment !
– Oh, mais si, ça me regarde, si ! Parce que si c’est les filles, Manon et les autres, là… C’est elles, hein ? Oui, c’est elles. C’est forcément elles. Ben, c’est dégueulasse. Elles auraient pu m’attendre. Elles me l’avaient promis en plus. Oh, mais elles vont pas l’emporter au paradis, alors là ! Bon, mais je m’occuperai de ça plus tard. En attendant, elle tombe plutôt mal, cette fessée.
– Parce que ?
– Ben, parce que… Je suis pas censée te le dire, mais elle vient ce soir, Célestine. Pour ton anniversaire. Elle veut te faire la surprise.
– Ah !
– Comme tu dis, oui. Et, vu l’état de ton derrière, si t’arrives à la baiser sans qu’elle se rende compte de quoi que ce soit, t’es vraiment très très fort.
– Je verrai. J’improviserai.
– Ah, bon ! T’improviseras. Tu vas t’y prendre comment ? Tu vas lui faire ça dans le noir ? Ou bien alors sans te déshabiller juste en sortant ta queue ? Et elle, elle va trouver ça normal. Ben, voyons ! Non, mais tu rêves pas un peu, là ?
– Je trouverai une solution, j’te dis !
– Oui, oh, je la connais, ta solution. Tu vas inventer une excuse bidon, que t’as des palpitations ou une connerie dans ce genre-là, pour pouvoir te défiler. Tu ferais beaucoup mieux de lui dire la vérité. Une bonne fois pour toutes.
– C’est ça ! Pour qu’elle aille penser de moi que je suis un gros pervers.
– Qui reluque ses voisines à poil dans leur salle de bains. Ben, oui ! C’est pas la vérité peut-être ?
– Mais elle va me plaquer ! La connaissant, elle va me plaquer.
– Il y a encore bien plus de risques qu’elle te plaque si tu dis rien. Non, parce qu’attends ! Mets-toi à sa place. Voilà une nana dont t’es soi-disant amoureux. Les circonstances font que vous vivez à des centaines de kilomètres l’un de l’autre. Que vous pouvez vous voir que tous les tournants de lune. Et quand c’est le cas, quand vous y arrivez, tu la tires pas. T’as toujours un bon prétexte. Comment tu veux qu’elle se pose pas de questions ? Qu’elle se dise pas que t’as pas envie d’elle ? Comment tu veux qu’elle soit pas tentée d’aller voir ailleurs ? Ben si, si ! C’est obligé.
– Tu crois qu’elle le fait ?
– Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ? Mais sûrement que oui. C’est ce qu’en tout cas, feraient neuf nanas sur dix dans la même situation. Parce qu’on a des besoins, nous, figure-toi ! Et si elle le fait pas, elle finira par le faire. Forcément. Et elle se détachera de toi. Une fille, quand elle s’éclate dans les bras d’un autre, ça met pas longtemps à…
– Sape-moi bien le moral !
– C’est pas le but, mais regarde les choses en face pour une fois, merde !
– Non, mais attends ! Attends ! Ça fait des semaines et des semaines que je subis tout ça, les fessées, les humiliations et tout le reste, justement pour qu’elle sache pas, pour qu’elle apprenne pas et toi, tu voudrais que j’aille tout lui déballer ! Mais c’est juste pas possible !
– Tu fais comme tu veux, mais tu sais ce qui t’attend. Je t’aurai prévenu.
– Il y a peut-être une autre solution…
– Laquelle ?
– Je sais pas, moi ! Mais il doit bien y en avoir une. Sûrement !
Elle a haussé les épaules, elle a tourné les talons et elle a claqué la porte.