mercredi 16 octobre 2019

Sévères voisines (28)


Au resto U, Manon était toute seule à une table, près de la fenêtre.
– Tiens, un revenant ! Où t’étais passé ? Tu me fuyais ?
– Hein ? Ah, mais non. Non. Pas du tout.
– Ben, je sais pas. On dirait bien pourtant. Ça fait une éternité que je t’ai pas vu. Depuis l’autre soir en fait…
– C’est parce que…
– Je m’en fiche. Complètement. Ça m’intéresse pas. En attendant, t’as fait fort n’empêche, ce soir-là ! Bon, mais t’as pas oublié, j’espère ?
J’ai froncé les sourcils, joué les innocents.
– Oublié ? Oublié quoi ?
– Tu sais très bien de quoi je veux parler. T’as une fessée en attente. Que Johanna doit te donner. Vu la façon inqualifiable dont tu t’es comporté avec elle.
Johanna… J’ai fermé les yeux. Johanna. Qui faisait Léo cocu. Johanna. Ses gémissements de plaisir. Ses feulements de petit animal en rut.
– Tu m’écoutes ?
– Oui, je t’écoute. Oui.
– On dirait pas. Et donc, puisque je t’ai sous la main, on va régler ça. Une bonne fois pour toutes. Qu’on n’en parle plus.
– Tout de suite ? Là ? Maintenant ?
– Ben oui, tout de suite. Pas dans dix ans. Le temps que tu finisses ton plateau. Et que je prévienne les filles.

Les filles. Johanna. Jasmine. Et puis Clémence. Qui est arrivée la dernière, tout essoufflée.
– Tout le monde est là ? Bon, alors perdons pas de temps.
Et Manon s’est tournée vers Johanna.
– À toi de jouer ! Comme l’autre soir… Et ce coup-ci, il a pas intérêt à bander parce qu’alors là…
À elle de jouer. Elle s’est approchée, s’est emparée de ma ceinture.
Ne pas bander ? Impossible. Complètement impossible. Parce que Jasmine était assise juste en face de moi, que son corsage était plein, qu’elle avait croisé les jambes, que sa jupe remontait haut sur ses cuisses et que je savais que bientôt, au hand… Parce que Johanna a pris tout son temps pour déboucler ma ceinture, pour déboutonner mon pantalon, pour le faire descendre, pour m’extirper de mon boxer. Qui est tombé à mes pieds.
Ça a été un grand « Oh ! » scandalisé.
– Il recommence !
– En pire qu’avant, même !
– Ça lui a pas servi de leçon, faut croire !
Manon a tendu un martinet à Johanna.
– Vas-y ! Et tape, hein ! Tape !
Elle m’a fait pivoter sur moi-même.
– Hein ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Fais voir ! Tu t’en es pris une, là ! Et une bonne. Vu les couleurs que ça a pris, à trois ou quatre jours ça doit remonter. À peu près. Qui c’est qui t’a fait ça ?
Johanna a suggéré.
– Ta mère ?
– Non. Elle me l’aurait dit.
– Ta sœur alors ?
– Elle aussi, elle me l’aurait dit.
La preuve que non ! Mais j’ai préféré garder un silence prudent. Si Emma n’en avait pas parlé, elle devait avoir ses raisons. Et je ne tenais pas à ce que, en vendant la mèche, ça me retombe, d’une façon ou d’une autre, sur le coin de la figure.
– Bon, alors ? Qu’est-ce qui s’est passé ? T’accouches ?
Jasmine a haussé les épaules.
– À tous les coups il a encore dû se faire gauler à reluquer quelque part.
– De toute façon, avec lui, on voit pas ce que ça pourrait être d’autre.
Et Johanna m’a lancé un premier coup de martinet. De toutes ses forces.

mercredi 9 octobre 2019

Sévères voisines (27)


Sur le coup de dix heures du soir, Clémence m’a appelé.
– Je suis désolée pour tout à l’heure. Je l’attendais pas, cette fille qui nous est tombée dessus.
– Pas grave ! Ils venaient de finir à côté n’importe comment.
– Oui, mais on n’a pas pu parler, du coup !
– Ça fait rien. On va le faire maintenant.
– Je t’avais pas menti, t’as vu, hein, n’empêche ! T’as entendu ça, comment elle a déferlé ? Et c’est la même chose tous les mardis. Des fois en un peu plus intense. Des fois en un peu moins. T’as aimé ?
– Je serais difficile.
– Oui, hein ! C’était super excitant. Mais t’as pas osé. Tu bandais pourtant. Et pas qu’un peu ! Mais t’as pas osé.
– Ben…
– Moi non plus, si tu vas par là. Je les accompagne d’habitude, mais cette fois-ci… C’était pas l’envie qui m’en manquait pourtant. Oh, mais quand on sera un peu plus habitués à les écouter ensemble, tous les deux, ça nous posera sûrement plus de problème. Non, tu crois pas ?
– Plus aucun. J’espère bien en tout cas.
– Et moi aussi. En attendant, on serait loin de se douter, hein, Johanna, quand on la voit comme ça avec son Léo, qu’elle le trompe à tout-va.
– Ah, ça, c’est sûr.
 – Surtout que j’en sais rien, faudrait se pencher sur la question, mais si ça tombe, il y a pas qu’avec lui qu’elle le fait cocu. Il y en a d’autres. Et en douce que ça te ferait une sacrée monnaie d’échange, toi, si tu voulais. Je pensais à ça tout à l’heure. Tu pourrais les menacer : ou bien elles arrêtent de te mettre des fessées ou bien tu lui vends la mèche à Léo. Qui passerait sûrement pas là-dessus, il y a aucun risque. Tu serais en position de force. L’inconvénient évidemment, après, c’est qu’il serait plus question qu’on puisse l’écouter faire la Callas, Johanna. Ce serait mort. Pas plus qu’on ne pourrait aller reluquer Jasmine à poil sous la douche. Ce serait beaucoup trop dangereux. Parce que je les connais. Elles te fliqueraient, si tu jouais cette carte. Elles te lâcheraient pas. Et elles finiraient par découvrir le pot-aux-roses. Oh, elles broncheraient pas. Elles se mettraient pas en avant. Que tu puisses rien leur reprocher. Non. Elles se contenteraient d’en parler aux autres filles. Qui prendraient, elles, les choses en mains. Plaintes, gendarmes et tout le tintouin. Pas question de prendre ce risque. Alors Jasmine, faudrait faire une croix dessus. Et les autres aussi. Ce qui serait dommage. Vraiment dommage. Parce qu’on passerait de sacrés bons moments. Mais bon, je comprendrais aussi que tu veuilles que ça cesse, les fessées. Parce que ça doit vraiment pas être facile à vivre.
– Ah, ça, c’est le moins qu’on puisse dire.
– À toi de voir. De peser le pour et le contre. Ou bien mettre un terme aux fessées qu’elles te donnent ou bien te faire allègrement plaisir au détriment de Johanna, de Jasmine et de bien d’autres. Parce que, depuis le temps que je m’intéresse à l’anatomie de mes congénères, tu te doutes bien que j’ai tout un tas de terrains d’action. Tu sais pas encore tout. Mais bon… Il y a que toi qui peux décider. Personne peut le faire à ta place. Même si tu te doutes bien vers où, de mon côté, penchent mes préférences. Mais encore une fois : à toi de voir.
– La meilleure décision…
– Oui ?
– C’est peut-être de pas en prendre. Du moins pour le moment.
– Mais oui ! Bien sûr ! Évidemment ! Il y a rien qui presse. T’as tout le temps d’y réfléchir. Surtout que… une fessée, c’est pas drôle, non, ça, c’est sûr, mais c’est pas la mer à boire non plus. Surtout quand tu vois les avantages que tu peux avoir en face. Tu fais quoi demain ?
– Rien. Rien de spécial. Je vais en fac. Pourquoi ?
– Essaie de la voir, Johanna, si tu peux. Tu l’écoutes, tu lui parles et, en même temps, tu te dis que tu l’as entendue piauler et qu’elle le sait pas. C’est génial, tu verras. Ou bien Jasmine. Déjeune avec à midi. Regarde-la et pense que dans deux jours, si tout va bien, tu l’auras vue à poil.
– Deux jours ?
– Deux jours, oui. Il y a entraînement de hand le jeudi. Bon, mais je te laisse. On m’appelle. Dors bien !
J’ai raccroché. Et, presque aussitôt, Camille a fait irruption dans ma chambre.
– À qui tu téléphonais ?
– À Célestine.
– C’était pas elle, non. C’est pas les mots que tu lui dis. C’était qui ?
– Alors comme ça, tu m’espionnes maintenant ?
– Non, mais j’ai un peu entendu. Sans le faire exprès. En passant. C’était qui ?
– Si on te le demande…
– Oh, mais je saurai n’importe comment. Je finirai bien par savoir.

mercredi 2 octobre 2019

Sévères voisines (26)


Je passais désormais la plupart de mes nuits en compagnie d’Emma que je convoquais en secret dans la chaleur de mes draps. Emma que j’avais entendue rugir de plaisir, derrière moi, sans pouvoir la regarder jouir. Emma que j’avais vue nue, à l’automne, dans sa salle de bains. Emma dont, quand je fermais les yeux, je revoyais les seins si lourds, si imposants. Aux pointes qui se dressaient avec arrogance quand elle dirigeait sur elles le jet de la douche. Quand elle l’y laissait complaisamment séjourner. Emma dont les replis rosés s’aventuraient hardiment à l’extérieur de son encoche. Que je crevais d’envie de revoir entièrement nue, pour de bon, pour de vrai, malgré tout ce qu’il m’en avait coûté. Ce qui, je le savais, était, pour le moment du moins, parfaitement inenvisageable. À moins de courir des risques insensés.
Je faisais aussi venir Manon dont j’avais, à maintes reprises, pu contempler tout à loisir les adorables petites fesses. Mais moins souvent. Subrepticement. Un peu comme si j’avais redouté qu’elle ne me perce à jour et qu’elle ne vienne me reprocher avec virulence et force claquées le traitement que je lui imposais en cachette.
Et puis il y avait les autres. Jasmine. Johanna. Dont j’ignorais comment elles étaient faites. Dont je m’efforçais de deviner furtivement les seins et les fesses sous les vêtements. Dont je me demandais douloureusement si elles se mettaient la fente à découvert. Que j’étais pris de l’irrépressible envie de contempler à leur tour dans leur nudité intégrale.
J’ai résisté. C’était trop dangereux. Trop risqué. Que, pour une raison ou pour une autre, je sois démasqué et mon compte serait bon. Je vivrais l’enfer. Déjà que…
J’ai résisté. Autant que j’ai pu. Pas beaucoup. Pas longtemps. J’avais vraiment trop envie.
Et j’ai appelé Clémence.
– Ça tient toujours ta proposition ?
– Ma proposition de… ? Mater ensemble ? Évidemment que ça tient. Évidemment ! Plus que jamais… Viens demain ! C’est mardi en plus !
– Mardi ?
– Tu te rappelles pas ? C’est le mardi qu’elle le fait cocu, son Léo, Johanna. Dans l’appart juste à côté du mien.

Et le lendemain, en tout début d’après-midi, j’ai débarqué chez elle.
– Que je suis contente, tu peux pas savoir ! Depuis le temps que je rêvais de vivre ça avec un mec… Tiens, viens !
À la fenêtre. Côte à côte.
– Elle va arriver.
– Et pour Jasmine ? T’avais dit…
– Qu’on pourrait la voir à poil. J’avais dit, oui. Mais alors là, il faut que tu me jures le secret le plus absolu.
J’ai juré.
– Elle fait du hand, Jasmine. Et après, avant de repartir, elle prend une douche.
– Je vois…
Elle a ri.
– Pas encore, non, mais tu verras. On verra. Depuis une petite pièce de rangement à côté. D’où on aura une vue imprenable sur elle et sur ses petites camarades. Sans que personne puisse s’en rendre compte.
– Et ce sera quand ?
– Je te dirai… Tiens, en attendant, regarde ! Là v’là, Johanna.
Elle arrivait, effectivement. Sur le trottoir d’en face. Enveloppée dans un grand manteau rouge. D’un pas pressé.
– Viens !
Dans sa chambre.
– C’est de là qu’on entend le mieux. Et ça perd pas de temps avec elle. Je te parie ce que tu veux qu’il se passera pas dix minutes avant qu’elle se soit mise à pousser la chansonnette à tue-tête.

mercredi 25 septembre 2019

Sévères voisines (25)


Je suis rentré. J’ai regagné ma chambre. Vaille que vaille. Je me suis jeté à plat ventre sur mon lit, les fesses en feu. J’ai fermé les yeux.
Emma avait joui. De m’avoir fouetté. Ça l’avait mise dans tous ses états. Elle avait joui comme une perdue, dans les bras de son William, en regardant mes fesses tuméfiées, zébrées par les coups de martinet qu’elle venait de m’infliger. Et moi, j’avais bandé comme un cerf de l’entendre, derrière moi, suffoquer de bonheur. Et seule, la crainte de me prendre, dans la foulée, une deuxième cinglée par dessus la première m’avait retenu de l’accompagner d’une main résolue.
Elle s’était rendu compte de mon état. Elle s’en était d’autant mieux rendu compte que, lorsqu’elle m’avait donné l’ordre d’aller me rhabiller, je n’avais toujours pas débandé. Elle s’était esclaffée.
– Non, mais regarde-le, ce petit vicieux ! Regarde-le ! Tu vas pas me dire qu’il les mérite pas, les corrections que je lui flanque !
William en avait convenu. Je les méritais, oui ! Je les méritais amplement.
Et elle m’avait fichu dehors. D’une grande claque sur les fesses.
– Dégage, grand dégoûtant !

Sur mon lit, la tête dans l'oreiller, je me suis repassé la scène. Je me la suis fait revivre encore et encore. Avec complaisance. Avec volupté. J’étais là-bas, dans sa chambre, le nez contre la cloison, honteux. J’écoutais son souffle s’emballer. Il y avait un bruit de clapotis. Ses gémissements. Ses supplications. « Viens, William ! Maintenant ! Oh, viens ! Viens ! » Le déferlement de son plaisir. Longuement arpégé. Et le déferlement du mien.
Le temps de reprendre mes esprits et j’ai recommencé. En la regardant cette fois. En imaginant que je me retournais délibérément, que je me gorgeais d’elle. De ses seins dont il suçotait les pointes. De sa chatte qui se refermait sur sa queue. Des grands coups de bassin qu’elle lançait contre lui, la bouche ouverte, les yeux hagards, à la recherche éperdue de son bonheur.
Et encore. Encore. Plus tard. J’ai pris la place de William. Et c’est moi qui ai fait vivre ses seins. C’est moi qui ai agacé son bouton. Qui ai malaxé ses fesses. Qui l’ai pénétrée. Qui me suis voluptueusement déversé en elle.

Je me suis endormi, épuisé, d’un sommeil encombré de rêves. Des rêves dans lesquels il y avait Manon. Une Manon qui m’accablait de reproches.
– Ah, ben bravo ! Bravo ! Alors nous, on se crève à te punir. Pour te remettre dans le droit chemin. Pour que t’arrêtes de nous mater derrière notre dos quand on est à poil. Et qu’est-ce que j’apprends ? Que t’adores ça qu’on te martyrise le popotin. C’est bien la peine qu’on se donne tout ce mal. Si c’est pour que t’en redemandes !
Hein ? Ah, mais non. Non. J’aimais pas ça, non. Pas du tout. Au contraire. Ça faisait un mal de chien.
– Ah, oui ? Et t’as pas bandé peut-être tout à l’heure quand elle t’a donné le martinet, Emma ?
– Non ! Enfin si ! Oui. Mais ça s’est pas passé comme ça. C’était pas pour ça…
– Et c’était pourquoi alors ?
– À cause… Parce qu’elle était avec son copain et que tous les deux…
– Ils s’envoyaient en l’air… Encore mieux ! Encore mieux ! Parce que ce que ça veut dire alors du coup, c’est que ça t’est pas passé du tout ce comportement de gros cochon pervers.
J’ai désespérément essayé de me justifier, d’expliquer que…
Elle n’a rien voulu entendre…
– Oh, mais tu vas voir ! Tu vas voir ! Alors là, cette fois, tu vas voir…
Et j’ai vu. Senti plutôt. Une fessée. Une monumentale fessée. À quatre mains. À six mains. À tout un tas de mains.
– Allez-y, les filles, hein ! Allez-y !
Ça tombait. Ça tombait de partout. Manon, mais aussi Emma. Jasmine. Johanna. D’autres. Des tas d’autres. Que je ne connaissais pas. Toutes en même temps. Je me suis débattu. J’ai hurlé.
C’est Camille qui m’a réveillé. En entrant en trombe dans ma chambre.
– Non, mais ça va pas de brailler comme ça !
Elle a jeté un coup d’œil à mon derrière en feu, esquissé un sourire.
– Oh, là ! Mais tu t’en es encore pris une, toi ! Je vais finir par croire que t’aimes ça !

mercredi 18 septembre 2019

Sévères voisines (24)


Emma voulait me voir.
– Je t’attends ! Grouille !
J’ai soupiré. J’allais encore y avoir droit. Et Dieu sait qu’elle ne faisait pas semblant, Emma. Ses cinglées au martinet, j’en gardais les traces plusieurs jours durant. J’appréhendais. Non, mais comment j’appréhendais ! J’ai pourtant fait aussi vite que j’ai pu. Inutile de l’indisposer contre moi. Elle ne manquerait pas de me le faire payer.
– Entre !
Elle sirotait tranquillement un café, adossée à la gazinière.
– Eh ben, mets-toi à l’aise ! Qu’est-ce t’attends ?
Oui, voilà. Tout de suite.
Elle m’a regardé me déshabiller, un petit sourire narquois fiché au coin des lèvres.
– À ce qu’il paraît qu’elles s’amusent bien avec toi, ma sœur et ses copines. J’ai des tas d’échos là-dessus.
J’ai rougi. Essayé de bredouiller vaguement quelque chose.
– Et moi, tu me délaisses. Il n’y en a plus que pour elles.
– Mais non. Seulement…
– Seulement quoi ? Si je ne t’avais pas appelé tout à l’heure, est-ce que tu serais venu ? Non ! Tu sais pourtant quel plaisir très sensuel j’éprouve à voir ton derrière rougir, à te regarder gigoter sous les fouettées, à t’entendre brailler de douleur. Seulement ça, tu t’en fiches complètement. C’est de toi-même, sinon, que tu viendrais, de temps à autre, me rendre une petite visite et m’offrir gentiment ta croupe. Non ? Tu ne crois pas ?
Elle a éclaté de rire.
– Tu verrais ta tête ! Bon, mais va me chercher le martinet, tiens, plutôt. Tu sais où il est.
Je le lui ai tendu et elle m’en a fait courir longuement les lanières, en caresses légères, sur les épaules, le long du torse. Elle est descendue, descendue encore. Ma queue. Sur laquelle elle s’est attardée. Ma queue qui s’est dressée. Autour de laquelle elle les a enroulées.

On a frappé.
– Bouge pas ! Je reviens.
En compagnie d’un type de son âge. Qui m’a détaillé. Des pieds à la tête.
– Je te présente William. Il crevait d’envie d’assister à notre petite séance. Et je n’ai pas eu le cœur de le priver de ce petit plaisir.
Elle m’a fait m’agenouiller.
– Comme d’habitude. Tu connais le protocole.
Et elle a aussitôt cinglé. À grands coups réguliers. Méthodiquement. Depuis le haut du dos jusqu’au bas des fesses. J’ai crié. J’ai couru, sur les genoux, pour échapper. Je me suis affaissé. À plat ventre. Mal. Trop mal.
– Redresse-toi ! J’ai dit : redresse-toi !
J’ai obéi. Et elle a recommencé. Dans l’autre sens. De bas en haut, cette fois. Plus fort. J’ai encore détalé, en piaulant, sur les genoux. C’est le mur qui m’a arrêté. Encore quelques cinglées à toute volée. Et elle a cessé aussi brusquement qu’elle avait commencé.
William a constaté.
– Il est pas bien courageux.
– Ah, ça, c’est le moins qu’on puisse dire.
Et elle m’a expédié au coin.
– Allez, ouste !
Avec interdiction absolue de me retourner.
Derrière moi, il y a eu des chuchotements. Un baiser claqué. Un autre.
La voix de William.
– Comment ça t’a excitée ! T’es toute trempée.
Elle n’a pas répondu. Le silence. Et puis des halètements. Son souffle qui se précipite.
Et encore William.
– Comment tu le lui as mis ! Bien rouge. Bien zébré.
Elle a clamé son plaisir. À grandes trilles éperdues.

mercredi 11 septembre 2019

Sévères voisines (23)


– Tu me reconnais pas ?
Ah, si, si ! Clémence.
Qui m’attendait à la porte de l’amphi.
– Je savais bien que je finirais par te trouver dans le coin. Non, parce que leur demander ton 06 à elles, je voulais pas. Pas question qu’elles sachent. Bon, mais t’as le temps, là ? On peut aller boire un coup ?
On pouvait, oui.

Une table tout au fond. À l’écart.
– Tu t’attendais pas à ça, hein, l’autre soir, que je te demande pour son minou à Manon.
– J’avoue que…
– Moi aussi, je suis curieuse, qu’est-ce tu veux ! Et j’adore ça voir comment les autres nanas sont faites. Toutes. Mais encore plus si c’en est que je connais. Et quand j’en ai une dans le collimateur, alors là je peux t’assurer que je suis pas du genre à lâcher le morceau. Faut que j’arrive à mes fins. Toutes affaires cessantes. C’est pour ça : quand j’ai su pour toi, que je t’ai vu, je me suis dit qu’on pourrait peut-être coopérer tous les deux. S’entraider pour assouvir notre commune passion. Que ça pourrait être super génial. Non ? Tu crois pas ?
Peut-être. Je savais pas. À brûle-pourpoint comme ça…
– T’as peur de te faire encore gauler, c’est ça, hein ? Je te comprends. Parce qu’elles te font payer la note, là. Et cher. Elles s’en donnent à cœur joie. Mais c’est pas parce que ça t’est arrivé une fois que ça doit forcément recommencer. Regarde, moi ! Ça fait des années et des années que je passe le plus clair de mon temps à mater. Eh ben, j’ai jamais eu vraiment de problèmes. Et pourtant j’ai pris de sacrés risques. Bon, mais c’est vrai aussi qu’il y a des jours il s’en est fallu de peu. C’est pas passé loin. C’est pour ça : si on fait alliance tous les deux, ce sera pain bénit. Il ne viendra à l’idée de personne qu’on puisse être en train de reluquer en couple. Surtout si on sait bien donner l’illusion qu’on n’est préoccupés que de nous-mêmes.
Vu comme ça. Oui, mais quand même. Quand même…
– Me dis pas qu’une fille comme Jasmine, ça te tente pas de la voir à poil…
– Jasmine ! À poil !
– Jasmine, oui ! De corps, elle est hyper bien foutue, je suis sûre.
– Mais…
– Comment je compte m’y prendre ? J’ai ma petite idée, t’inquiète ! Suffit juste de la creuser encore un peu. Mais on devrait y arriver. Et il y a pas que ça ! Johanna…
– Quoi, Johanna ?
– Tu lui donnerais le bon Dieu sans confession, hein, elle, à la voir comme ça tout amoureuse de son Léo. Eh bien Johanna elle s’envoie en l’air, en prime, avec mon voisin de palier. Tous les mardis. L’après-midi. Et quelquefois aussi le jeudi.
– T’es sûre que c’est elle ?
– Certaine. Je la vois par la fenêtre quand elle arrive. Et quand elle repart. Mais elle ignore que c’est moi à côté. Et faut surtout pas qu’elle sache. Cela étant, si ça te dit de l’entendre couiner, t’es bien évidemment le bienvenu. Entendre, c’est pas mal aussi. Surtout qu’elle en est de la comédie. Et qu’elle a de la voix. Bon, mais c’est pas tout ça. Faut que j’y aille. J’ai cours. C’est quoi, ton numéro ?
Elle l’a enregistré. A fait sonner mon portable.
– Que t’aies aussi le mien.
Elle s’est levée.
– Tu réfléchis à tout ça et tu me tiens au courant ?

Réfléchir ? C’était tout réfléchi. Parce qu’elle avait beau dire, Clémence, si je me faisais prendre, j’étais mort. Ce coup-là, elles ne me louperaient pas. Elles mettraient Célestine et ma mère au courant. Ma sœur en tête.

mardi 3 septembre 2019

Sévères voisines (22)


– On y va !
Elle était outrée, Manon. Furieuse contre moi.
– T’es vraiment qu’un sale dégoûtant ! Bon, mais on y va. Rendez-vous chez moi.
Et tout le monde s’est dirigé vers les voitures.
Camille a encore pris le volant. D’autorité. Et constaté.
– À mon avis, là, t’as pas fait le plus dur. Tu vas prendre cher. Et tu l’auras pas volé. Parce qu’attends ! La draguer comme ça, devant son mec, Johanna !
– Mais je l’ai pas draguée !
– Non ! T’as fait pire ! Tu lui as frotté ta queue dessus en dansant. Tout le monde t’a vu. Et tu te dis amoureux de Célestine. T’es un bel enfoiré, oui !
Je n’ai pas cherché à discuter. C’était inutile.

– Tout le monde est là ? Parfait. Viens là, toi !
Je me suis approché.
– Plus près ! Encore ! Là…
Elle m’a fermement enserré les poignets, tenu un long moment emprisonné dans son regard.
– Bien. Alors, changement de programme. Étant donné la façon inqualifiable dont tu t’es comporté tout à l’heure en boîte avec elle, c’est Johanna qui va s’occuper de ton cas.
Johanna qui a levé sur elle des yeux stupéfaits.
– Moi ?
– Toi, oui ! Ça te dit pas ?
– Oh, que si, ça me dit ! Oh, que si !
D’un air ravi.
– Eh bien alors !
Et Manon m’a expédié vers Johanna d’une petite claque sur les fesses.
Johanna qui m’a regardé m’avancer vers elle, la mine gourmande. Qui m’a agrippé, dès qu’elle m’a eu à portée de main, par la boucle de ma ceinture. A joué avec. Longuement. Et j’ai senti venir la catastrophe. Là, tout près. Elle l’a défaite, la ceinture. Elle a lentement, très lentement, déboutonné mon pantalon, l’a fait descendre. C’était la façon dont elle faisait ça. Indifférente et lascive. En même temps. Je ne pouvais pas. M’empêcher. Je ne pouvais pas. Même avec la meilleure volonté du monde. Impossible. Elle a jeté un coup d’œil appuyé sur la bosse qui donnait du relief à mon boxer, est montée croiser mon regard, est redescendue. Et m’a déculotté d’un coup sec.
Elles se sont scandalisées.
– Ah, ça le tient, hein !
– Un vrai petit saligaud, oui !
– Des mecs comme ça, moi, je te les leur couperais vite fait, tiens !
Manon a interpellé Léo.
– Et toi, tu laisses faire… C’est ta copine quand même !
Laisser faire ? Il n’en avait pas le moins du monde l’intention, non !
Il s’est levé.
– C’est moi qui vais la lui flanquer, sa fessée. Et il va s’en souvenir !
Hein ? Lui ? Mais…
Il s’est avancé vers moi d’un pas décidé, a tendu la jambe en avant, m’a fait prendre appui dessus et il a tapé. À plein régime. D’emblée. De grands coups assénés à pleines paumes. À pleines fesses. En pluie. En grêle. J’ai crié. J’ai battu des jambes. Il n’en a pas tenu le moindre compte. Au contraire. Il a encore accéléré la cadence et la force des coups, insensible à mes plaintes et à mes supplications.
Il s’en est fallu d’une bonne dizaine de minutes avant qu’il ne s’arrête enfin.
– Là ! Tu peux prendre la suite, ma chérie, si tu veux. Il bande plus.
Johanna m’a regardé me frotter vigoureusement les fesses. Fait la moue.
– Non. Une autre fois plutôt. Qu’on le laisse profiter bien à fond de celle-là. Il y aura sûrement d’autres occasions.
Ce que Manon a tout aussitôt confirmé.
– Ah, ça, c’est sûr ! Plein d’autres.