mercredi 12 février 2014

Nollwen, Marta et Batien (15)

– Ah, le voilà !
– Il a pas perdu de temps, dis donc !
– Oh, pour ça, Bastien, il y a pas de problème… On peut toujours compter sur lui… Quoi qu’il arrive…
– Tu sais pourquoi on t’a fait venir au moins ?
– Non… Apparemment il sait pas…
– Parce que t’es un mec…
– Et donc un salaud…
– Oui… C’est synonyme…
– Bon, mais qu’on t’explique ! On connaît un type… Il trompe sa femme… Jusque là rien d’original… Vous le faites tous… Mais il la trompe avec nous…
– Oui… Nous trois, là… Nollwen, Mélanie et Ismène… Il nous trompe toutes en douce les unes avec les autres…
– Tu ferais pas ça, toi, hein, Bastien ?
– Il a l’air de dire que non…
– Ben, voyons ! Tu parles ! Alors là je suis bien tranquille…
– Tu ferais mieux d’avouer… Ce serait plus honnête…
– T’as jamais trompé une nana avec qui tu sortais peut-être ?
– Non ? Ben, voyons ! Tu nous prends vraiment pour des imbéciles !
– Bon… Mais ça fait rien… On va te poser la question autrement… Supposons que tu sois marié avec Mélanie…
– Elle a pas l’air d’avoir vraiment envie…
– Ça, je la comprends…
– Oui… Non… Mais c’est juste une supposition comme ça… Supposons… Et supposons – ce qui est le cas d’ailleurs – que tu travailles avec Nollwen… Elle te tenterait pas ? Non ? Si ! Ah, tu vois !
– Quel salaud ! Non, mais quel vieux cochon ! Mais je veux pas de ses sales regards sur moi pendant qu’on bosse, moi ! Je veux pas… Je lui interdis…
– Ça mérite… Alors là ça mérite…
– Un peu que ça mérite… Eh ben vas-y ! Fais-toi plaisir… Qu’est-ce qu’il y a, Mélanie ?
– C’est pas juste ! Moi d’abord ! Parce que c’est avec moi qu’il est en couple dans l’histoire… C’est moi la cocue…
– Vous allez pas vous disputer !
– Non… Mais quand même ! C’est pas juste…
– Eh ben faites-le ensemble… Quand il y en a pour une il y en a pour deux…

– Eh ben dites donc, les filles, vous y êtes pas allées de main morte…
– Ça défoule… J’en avais besoin…
– Moi aussi… Ça fait du bien…
– En attendant il a le derrière dans un état !
– Ça lui fait pas de mal…
– Oui… Il avait qu’à pas chercher…
– Qu’est-ce qu’il y a, Ismène ?
– Ben, et moi alors ? Parce que les deux autres elles s’en sont donné à cœur joie, mais moi aussi il s’est foutu de ma gueule… Et en beauté…
– Ça se défend ce qu’elle dit…
– Un peu que ça se défend…
– Eh ben, vas-y ! Il est encore en position… Profites-en !

– C’est joli, hein, finalement… Ça rend bien…
– Pas mal, oui…
– Peut-être rajouter un peu de rouge, là, en bas à gauche… Qu’est-ce que vous en pensez, les filles ?
– Que ça s’impose…
– Qui c’est qui s’en charge ?
– Moi !
–Mais tu l’as déjà fait tout à l’heure…
– Oui, ben toi aussi !
– Julia et Marta alors ! C’est les seules qu’ont pas encore joué…
– Il les a pas trompées, elles…
– Oui, mais attends, c’est pire ! Parce qu’on bosse avec lui, nous ! On bosse avec et on n’existe pas… Jamais un regard… Rien… Il y en a que pour Nollwen… Ah, ça, Nollwen ! Vous trouvez ça normal, vous ?
– Pas bien, non !
– Ben, allez-y alors ! À votre tour…

– Ça a pas vraiment rééquilibré en bas…
– Non… Ce serait plutôt le contraire… C’est en haut maintenant que ça va plus…
– Faut recommencer… Il y a pas d’autre solution…
– Eh bien allez ! Toutes ensemble cette fois…

– Bon, ben voilà ! C’est tout pour aujourd’hui…
– On se sera bien amusées en tout cas… Pas toi, Bastien ?
– Oh, si, si ! Je suis sûre qu’il a adoré… Je le connais maintenant depuis le temps…

mercredi 5 février 2014

Le Centre2 (35)



– C’est encore moi !
– Et tout excitée on dirait…
– Oui… Parce que ça y est… Mon maître de stage… Enfin non ! Mais si quand même dans un sens…
– Assieds-toi ! Assieds-toi et raconte-nous ça…
– Je lui ai flanqué une baffe…
– Carrément !
– Qu’il méritait pas en plus !
– Comment ça ?
– À la photocopieuse j’étais… J’en avais tout un tas à faire… Il s’est approché pour voir où j’en étais… Seulement juste à ce moment-là je me suis reculée pour regarder pourquoi ça sortait plus en bas… Et on s’est touchés… Sa main et mes fesses… Ça a été d’instinct… Le réflexe… Je me suis retournée et paf ! Une grande beigne… À toute volée… Il a sacrément dû le sentir passer… Sauf qu’en réalité, c’est mes fesses qu’étaient allées à la rencontre de sa main… Dans le mouvement… Et pas l’inverse… J’étais à deux doigts de m’excuser quand j’ai vu sa tête… Tout penaud, tout contrit… Une vraie tête de coupable… Du coup j’ai repensé à tout ce qu’on avait dit… C’était l’occasion ou jamais… De prendre l’avantage… De poser les premières banderilles… « Ça va pas, non ? Et puis quoi encore ? » Il a rougi… Vaguement bredouillé quelque chose… « Recommencez jamais un truc pareil… Parce que alors là ! » Et je lui ai fait la gueule tout le reste de la matinée…
– Bien ! Bien ! T’es sur la bonne voie…
–Oh, mais attendez ! Attendez ! Parce que c’est pas fini… Je lui ai raconté à Marta, à midi, ce qui s’était passé… Et, à la reprise, elle s’est pointée avec moi dans le bureau… On s’est mises un peu à l’écart et on a chuchoté toutes les deux… Du moins au début… Parce que plus ça allait plus on parlait fort… Exprès… Qu’il nous entende… « Un vrai salaud, oui ! Tout le monde le dit dans la boîte… Il y a pas une nana qu’a pas eu à s’en plaindre… À un moment ou à un autre… » « Oui, oh, ça, j’me doute… Mais ça va pas le faire… Avec moi ça va pas le faire… Va falloir que ça cesse… À commencer par ces regards vicieux qu’il me balance dessus sans arrêt…
– Et il disait rien ?
– Il faisait celui qu’entendait pas… Qu’était complètement absorbé par ses dossiers… Même après quand elle a été partie Marta… Comment je jubilais à l’intérieur ! Ça marchait… Ça marchait… J’étais en train de prendre le dessus… Et pas qu’un peu ! La preuve :il osait même plus me regarder… Jusqu’au soir pas une seule fois il a levé les yeux sur moi… Valait mieux d’ailleurs… Parce qu’il en aurait pris une… Remontée comme j’étais, ça, c’est sûr qu’il s’en serait pris une autre…
– T’es motivée, dis donc !
– Ah, pour ça, oui ! Faut que j’y arrive… Faut vraiment que j’y arrive… Et lui… Pas un autre… La seule chose, c’est que c’est bien beau les baffes… Je pourrai bien lui en coller tant que je veux maintenant que j’ai commencé… Suffit que je fasse semblant de le prendre en flagrant délit de me mater les seins… Ou les fesses… Et paf… Et paf… Non… Le problème, c’est de passer à la vitesse supérieure… D’en faire ce que vous faites de Léonard… Et ça !
– C’est une autre paire de manches, oui…
– Vous vous y prendriez comment, vous ?
– Moi, je commencerais par me pointer tout simplement chez lui…
– Chez lui ? Comme ça ? Mais pour quoi faire ? Je vais lui dire quoi ?
– Rien… Rien de spécial… Tu restes un petit quart d’heure… À parler de choses et d’autres… Et tu te casses…
– Ça va lui paraître bizarre…
– C’est le but… Il va se poser des tas de questions… Sans trouver vraiment de réponse… Formuler des tas d’hypothèses… Douter… Hésiter… Tu vas complètement le déstabiliser… Et assurer un peu plus ton emprise sur lui…
– Ça me plaît bien cette idée…
– Deux trois jours après tu remets ça… Toujours sans la moindre explication…
– Ah, oui… Oui… Et de temps en temps, comme ça, je recommence…
– Voilà… Jusqu’à ce qu’une opportunité finisse par se présenter… Il y en aura forcément une… Un jour ou l’autre… Et alors là ! Là !
– Bon, mais allez, j’y vais…
– Maintenant ?
– Oh, oui… Oui… J’ai trop envie…

mercredi 29 janvier 2014

Nollwen, Marta et Bastien (14)

– Alors ? Ils sont passés les deux jours… T’as trouvé ? C’était qui ?
– Je sais pas…
– Dommage pour toi alors… Parce qu’on va te remettre le couvert… Avec une autre… Toi qui voulais pas que toute la boîte soit au courant, ça risque d’être plutôt raté…
– Ben oui, mais…
– Dis toujours ! Avec un peu de chance…
– Marion Dubet ?
– Encore ! Tu y tiens à celle-là, dis donc ! À chaque fois tu nous la sors… On va finir par être jalouses !
– Mais non, mais…
– De toute façon c’est pas elle… Alors tu sais ce qui t’attend…

Les yeux de Julia brillaient…
– Et vous lui avez pas dit ? Que c’était moi… Il le sait pas ?
– Il y a rien qui presse… On adore ça le faire mariner…
– Et donc va y en avoir une autre…
– Sans tarder, oui…
– Qui ça ? Marion Dubet justement ?
– On verra… C’est pas encore décidé…
– Non, parce que sinon… si vous trouvez personne… je peux me dévouer…
– Ah, ça t’a plu, hein !
– C’est rien de le dire…
– On a vu… T’y mettais vraiment tout ton cœur… Oh, mais s’il y a que ça pour te faire plaisir ça peut s’arranger… Ça va s’arranger…
– Merci… Je vous revaudrai ça… Je sais pas comment, mais je vous revaudrai ça…
– Oui, ben en attendant il y a l’opération Thibaud… Celui-là aussi il va morfler… Rira bien qui rira le dernier…

Nollwen a pris les choses en mains…
– Bon… Alors on est bien d’accord, les filles… Vous me laissez y aller… Vous attendez un peu…Le temps que je me mette en train avec lui… Qu’on soit bien lancés… Et vous intervenez… Vous nous tombez dessus… Mélanie et Ismène d’abord… Vous êtes les premières concernées… Outrées vous êtes… Scandalisées… Le salaud ! Non, mais quel salaud il fait ! Vous videz votre sac… Tout ce que vous avez sur le cœur…Vous le ménagez pas… Là-dessus, dans la foulée, surgissent Marta et Julia…
– Et à toutes les cinq on lui flanque une volée carabinée…
– Ce qu’était initialement prévu, c’était qu’on lui laisse le choix… Et le temps de la réflexion… Ou bien il venait docilement nous offrir, quelques jours plus tard, son petit derrière ou bien on mettait sa femme au courant… Mais bon si vous préférez, oui… Pourquoi pas tout de suite ?
– À chaud ça portera plus…
– Et puis ça empêche pas qu’après…
– Bon, ben allez… J’y vais… À tout de suite…

– Ça fait deux heures qu’il devrait être là…
– Il viendra plus…
– Toujours sa messagerie… Ce que ça peut m’agacer…
– Il se doute peut-être de quelque chose…
– Alors là ! Il est bien trop sûr de lui… Jamais il irait imaginer un truc pareil…
– À moins qu’il ait un gros gros problème…
– Je crois bien que je le connais son problème…
– Oui… Moi aussi…
– C’est quoi ?
– Une nana… Une nouvelle…
– Faut dire qu’au point où il en est !
– Qu’il est en train de sauter dans un coin…
– À cent mètres d’ici si ça tombe…
– Et ce soir il m’appellera, la bouche en cœur, pour me dire qu’il est désolé, mais qu’il a eu un empêchement… Et il m’inventera une histoire à dormir debout… Comme il sait si bien faire…
– Mais bouge pas qu’on va quand même finir par le coincer…
– Et qu’au final elle sera sacrément salée la note…
– Oui, ben en attendant on est toutes venues là pour rien…
– Pas forcément…
– Comment ça ?
– On va lui trouver un remplaçant à Thibaud… Histoire de se défouler un peu…
– Bastien !
– Bastien, oui… Je l’appelle…

mercredi 22 janvier 2014

Le Centre2 (34)



34  –

– Bonjour…
Nollwen… Nollwen avec…
– Marta, je suppose…
– C’est elle, oui… Regarde, Marta… Regarde ! Qu’est-ce que je te disais ! Là, c’est Léonard… Tout ce qu’on veut on peut en faire de lui… Absolument tout… Je te lui ai mis une de ces corrections l’autre jour ! Fais-lui voir, toi ! Baisse-nous tout ça… Alors ? Qu’est-ce t’en dis ? Et encore là c’est rien… Ça s’est pas mal effacé… Oh, mais on en remettra une couche si on veut… Quand on voudra… Peut-être tout à l’heure… Et l’autre, là… L’étalon… Il est où ? Vous en avez fait quoi ?
– Patrice ?
– C’est ça, oui… Patrice…
– Il se repose… Si on veut qu’il soit opérationnel…
– Oui… Parce que lui aussi il y a attrapé… Et pas qu’un peu… Je t’ai bien raconté… Léonard le corrigeait… Et moi je corrigeais Léonard… En même temps… Moins il tapait fort et plus j’y allais… Comment c’était trop… On doit recommencer… Avec leurs copines à elles… Quand d’ailleurs, Lydie ?
– Quand on voudra… Suffit de décider d’une date qui convienne à tout le monde…
– Bientôt, j’espère… Comment j’ai hâte ! Oh, non, mais l’autre ! J’y crois pas… Il se reculotte le Léonard… Quelqu’un lui a dit ? Personne lui a dit…
– Elle a raison… T’en prends un peu trop à ton aise, mon petit Léonard, depuis quelque temps…
– Moi, si j’avais un mec à moi comme ça, je te lui aménagerais une petite cellule en bas dans la cave… Et je te lui y ferais faire des petits séjours… Chaque fois qu’il s’écarterait un peu… T’inquiète pas qu’il aurait vite fait de comprendre…
– Eh ben vas-y !
– C’est pas l’envie qui me manque… Non… C’est le mec…
– On peut te prêter celui-là si tu veux… En attendant que tu t’en trouves un à toi…
– Si ça se pouvait… De plus en plus je voudrais… C’est de votre faute aussi… C’est depuis que je vous connais… Parce qu’avant c’était que dans ma tête… Ça y restait… Mais maintenant ! De les avoir vus les deux autres, là… De les avoir travaillés… J’arrête pas d’y penser… De me répéter que c’est possible… Qu’il faudrait que je m’en trouve un en vrai… Seulement…
– Seulement quoi ?
– Pour le dénicher…
– On va souvent chercher bien loin ce qu’on a à portée de main…
– Mon maître de stage ? Je sais… Vous m’avez déjà dit… Je le regarde d’un autre œil du coup maintenant au boulot… À longueur de journée j’imagine qu’il est à moi… Que j’en fais ce que je veux… C’est le pied… C’est vraiment le pied… Mais bon ! Faut pas rêver…
– Rêver, non… Mais passer à l’acte, oui…
– Ça marchera jamais…
– Si tu sais t’y prendre…
– C’est bien là le problème… Comment m’y prendre… J’ai beau tourner et retourner la question dans tous les sens…
– Va au plus simple…
– C’est-à-dire?
– Tape-lui un scandale… Du genre : « Vous en avez pas marre de me mater les fesses sans arrêt comme ça ? » Ou les seins… Tu choisis… Et tu joues sur du velours… Parce qu’un type de son âge une petite jeune bien fichue dans ton genre il a forcément les yeux qui traînent dessus… Il saisit la moindre occasion… S’il pique un fard, s’il perd contenance t’enfonces le clou… « Vous n’avez pas honte, espèce de vieux dégoûtant ? » S’il nie, s’il jure ses grands dieux que non, s’il prétend que tu te fais un film tu te démontes pas : « Mais bien sûr ! Prenez-moi pour une imbécile en plus ! » Tu laisses planer une vague menace… « Et recommencez pour voir… » Il va se méfier… Il sait pas… Ce que t’as dans la tête… Ce dont t’es capable… Aller chanter ça sur les toits ? L’accuser de harcèlement ? Envoyer ton petit ami lui casser la figure ? Tu marques des points… Tu prends le dessus… T’as plus qu’à t’engouffrer peu à peu dans la brèche…



– Tu t’en vas… Tu retournes chez toi… Prépare tes affaires…
– Hein ? Mais je…
– Ça prend tournure… Alors hors de question qu’elle te trouve ici… Qu’elle sache qu’on se connaît… Ça lui gâcherait son plaisir…

samedi 4 janvier 2014

Un petit mot…

Aux lecteurs de ce blog auprès desquels je dois m'excuser d'avoir cessé toute mise à jour sans autre forme de procès… Je manquais de temps… Il m'a fallu faire des choix et c'est "Autres fessées" qui a trinqué… Mais il ne s'agit en aucun cas d'un abandon définitif… Nollwen, Bastia et consorts reviendront bientôt… Il est même prévu pour après un très long texte à multiples rebondissements…

À très bientôt donc…

mercredi 4 décembre 2013

Nollwen, Marta et Bastien (13)



Nollwen a voulu qu’on déjeune ensemble toutes les deux…
– Parce que j’ai plein de trucs à te dire, mais vraiment plein de trucs… D’abord, ce matin, avant que t’arrives j’ai eu droit à un grand numéro de Bastien… Dans le registre : « Je vais quand même bien réussir à t’apitoyer… »
– Je vois ça d’ici…
– Figure-toi qu’on lui fait courir de gros risques… De très gros risques…
– Non !
– Eh si ! Parce que plus il y aura de monde au courant dans la boîte et plus ça risque de se répandre comme une traînée de poudre…
– Puissamment raisonné…
– Et donc ce qu’il nous demande, c’est de renoncer à offrir le spectacle de son petit derrière rougeoyant à l’une quelconque de nos collègues…
– Ben voyons ! Et tu as répondu quoi à ça ?
– Que c’était pas à lui de décider… Qu’on offrirait la vision de son anatomie mortifiée à qui bon nous semblerait… Que plus il voudrait la soustraire aux regards et plus on l’y exposerait…
– Excellent !
– Et j’ai ajouté, pour faire bonne mesure, qu’après ce que sa femme nous avait révélé sur son compte, il aurait plutôt intérêt à faire profil bas…
– Et il a voulu savoir ce qu’elle nous avait dit… Ce qu’on savait…
– Même pas, non… Il a piqué du nez dans ses dossiers et je l’ai plus entendu de la matinée…
– C’est ce qu’il avait de mieux à faire… Et à part ça ?
– À part ça j’ai passé la soirée d’hier avec Julia Ravazzi… Plusieurs fois on s’était dit qu’il faudrait bien qu’on aille en boîte ensemble… Et là ça m’a toquée d’un coup… Je l’ai appelée… Seulement ça tombait plutôt mal : il venait de la larguer son mec… En beauté… On a passé deux heures au téléphone du coup… Et je peux te dire que les types elle était plutôt remontée contre… Parce que la troisième fois ça fait qu’on la roule dans la farine… Comme moi… Pareil… Ils te promettent tous des tas de trucs qu’ils ont jamais eu l’intention de tenir… Et quand tu découvres le pot-aux-roses tu tombes des nues… Et ça fait mal, mais mal !
– J’en sais quelque chose…
– Ton amour-propre il en prend un sacré coup en plus… Qu’est-ce que t’as pu être conne… Non, mais qu’est-ce que t’as pu être conne ! Dix mille fois la vérité tu l’as eue devant les yeux… Seulement t’as pas voulu la voir… T’as tout fait pour pas la voir… De fil en aiguille je lui ai parlé de ce petit salaud de Thibaud… Qui trompe sa femme à tout-va… Avec moi… Avec Mélanie… Avec Ismène… Qui trompe tout le monde avec tout le monde… Sans le moindre état d’âme… Je lui ai dit quelle gentille petite surprise on lui réservait… Et proposé, comme à toi, de se joindre à nous… Elle en est… Tu penses bien qu’elle en est… Et qu’elle s’est pas fait prier… Il sait pas ce qui l’attend l’autre… Cinq nanas remontées comme des pendules d’un coup… Je voudrais pas être sa place…
– C’est pour quand d’ailleurs ? Pour bientôt ?
– C’est imminent… Demain… Après-demain au plus tard… Je te ferai signe…
– Ah, oui, hein ! Surtout t’oublies pas…
– Et puis, dans la foulée, parties comme on était, je lui ai touché un mot de Bastien… C’était l’occasion ou jamais…
– Et alors ?
– Ça l’a beaucoup amusée… Je sais pas comment il se débrouille mon cher maître de stage, mais j’ai l’impression que personne peut le voir au boulot… Que tout le monde est ravi quand il se trouve en position délicate…
– Et pour cause… Il est parfaitement imbuvable… T’es payée pour le savoir… En fait il est comme tous ces gens qui, parce qu’ils ont quelque chose à se prouver, écrasent en permanence les autres de leur soi-disant supériorité…
– En tout cas je peux te dire qu’on dispose là, si on veut, d’une collaboratrice particulièrement déterminée…
– Un peu qu’on veut ! Dès demain matin elle sera mise à contribution…

– Qu’est-ce que j’apprends, mon petit Bastien ? On a récriminé…
– Mais non, mais…
– Comment ça »non » ? En somme, si je te comprends bien, Nollwen est une menteuse…
– J’ai pas dit ça…
– Non, mais ça revient au même… On s’en souviendra… Le moment venu… En attendant, à ce qu’il paraît, on a ses petites pudeurs…
– C’est pas ça, c’est que…
– Je me fiche de ce que c’est… Ça m’intéresse pas… Ce qu’il y a de sûr par contre, c’est que t’as pas compris grand chose au film… Parce que nous on n’avait pas du tout l’intention de mettre qui que ce soit au courant… Ce qu’on en disait, c’était pour te faire peur… Te ramener à de meilleures sentiments… Seulement évidemment maintenant que tu as cru bon d’avoir des exigences…
– C’était pas des exigences…
– Tais-toi ! N’aggrave pas ton cas…maintenant la situation est complètement différente… Et tu comprendras qu’on n’ait pas d’autre solution que de sévir…Donc voilà ce qu’on va faire… On va encore une fois te bander les yeux et quelqu’un – cette fois ce sera pas ta femme – ce sera quelqu’un du boulot va te flanquer une bonne correction… Tu auras deux jours pour deviner qui a officié Mais attention ! Une seule réponse… Si tu trouves on s’en tiendra là… Sinon… Sinon on recommencera… Avec quelqu’un d’autre… T’as compris ? Eh bien allez alors… En piste…