mercredi 5 février 2020

Premières armes (8)


Quand elle m’a ouvert la porte, le lendemain, Aurélie arborait un sourire radieux.
‒ Entre ! Entre ! Alors ? T’en as pensé quoi hier de tout ça ? On a passé un sacré bon moment, non ?
Elle a froncé les sourcils.
‒ Qu’est-ce qu’il y a ? T’en fais une tête ! T’as pas trouvé, toi ? Non ? Oui, alors tu veux que je te dise ? Franchement ? Je m’en fiche. Complètement. L’essentiel, c’est que moi, j’y ai trouvé mon compte. Et c’est le cas. Un grand garçon de ton âge qui se tortille sous les coups et qui pousse la chansonnette, c’est tout à fait plaisant. Surtout quand il est tout gêné. Tout honteux. Comme tu l’étais. Si tu avais pu rentrer six pieds sous terre…
Elle a fait claquer sa langue, d’un petit air gourmand.
‒ Un vrai régal, je t’assure ! Bon, mais je suppose que la physionomie de ton derrière a dû considérablement se modifier depuis hier, non ? Alors tu vas me montrer ça !
J’ai un peu hésité.
‒ Allez, dépêche-toi ! Tu sais bien que, de toute façon, il faudra que t’en passes par là. Que t’as pas le choix.
Et je me suis déculotté.
‒ Ah, oui, dis donc ! Oui ! C’est absolument ravissant. Ça s’est approfondi. Il y a tout un tas de nuances. De rouge, bien sûr, mais aussi de jaune, de bleu, et même presque de noir par endroits. J’adore. J’adore vraiment.
Elle m’a envoyé une petite claque sur la fesse droite qui m’a tiré un gémissement et fait faire un bond en avant.
‒ Oui, c’est encore sensible, hein ! T’imagines si on t’en recollait une autre par là-dessus ? Tu la sentirais passer. Ah, t’aurais pas fini d’en faire des petits bonds ridicules ! Mais ça se pourrait, hein ! On pourrait. Il suffirait que je dise à Margaux que tu t’es comporté d’une façon inqualifiable à mon égard et elle n’aurait pas d’états d’âme. Tu y attraperais. Et comme il faut ! C’est peut-être ce que je vais faire d’ailleurs. Qu’est-ce t’en dis ? Eh bien, réponds ! Regarde-moi et réponds ! Ça te tente ?
‒ Je…
Elle a éclaté de rire.
‒ Tu te verrais ! Non, mais t’es vraiment trop drôle quand tu t’y mets, je t’assure ! Bon, mais assieds-toi !
Au bord de son lit.
‒ Qu’on parle un peu ! Qu’on fasse le point ! Alors voilà comment je vois les choses. Il y a ce qui se passe ici. Entre nous deux. Qui est comme j’ai envie que ce soit. Et puis il y a ce que je dis à Margaux qui a été. Qui peut être l’exacte vérité. Ou, au contraire, une vérité alternative. Qui, elle, va te valoir, de sa main, une fessée monumentale. C’est moi qui décide. Comme ça me chante sur le moment.
Elle m’a ébouriffé les cheveux.
‒ Et toi, du coup, tu sauras jamais à l’avance à quoi t’attendre. Coupable ? Pas coupable ? Fessée ? Pas fessée ? C’est une situation très inconfortable, avoue ! Mais c’est justement ce qui en fait tout le charme. Je sens qu’on va encore bien s’amuser. D’autant que tu vas forcément essayer de m’apitoyer, ramper à mes pieds pour te mettre dans mes bonnes grâces. Ça marchera peut-être. Quelquefois. Pas toujours. Ou pas du tout. Jamais. Tu verras bien. Eh, oui ! Qu’est-ce que tu veux ! Voilà ce que c’est de tomber amoureux.
‒ Je
‒ Tu n’es pas amoureux ? De Margaux ? Je sais pas ce qu’il te faut ! Bien sûr que si ! Si tu ne l’étais pas, t’en passerais par tout ce qu’elle veut. Tu ne te laisserais pas aussi docilement fesser. Tu l’as dans la peau, c’est clair ! C’est souvent que ça leur arrive aux garçons de ton âge. Celle qui leur fait sauter leur petit pucelage, ils lui restent profondément attachés. Enchaînés. Surtout si elle est nettement plus âgée qu’eux. Et qu’elle a un caractère bien trempé. Tant mieux pour elle. Qu’elle en profite ! Un jeune étalon fringant, pas trop mal monté, qu’elle débourre à sa main, dont elle peut user et abuser à sa guise, elle aurait tort de se priver. Toi aussi d’ailleurs, tu vas y trouver ton compte. Tu ne t’en rends pas encore forcément compte, mais c’est une véritable aubaine pour toi d’être tombé sous sa coupe. Elle va te former, te façonner et, même si ce ne sera pas tous les jours facile, tu ne pourras, au bout du compte, que t’en trouver bien. Quant à moi…
Elle s’est interrompue.
‒ Mais c’est qu’il bande ! Mais c’est que tu bandes ! C’est ce que je te dis qui t’excite ?
Elle m’a m’a décalotté. D’autorité.
‒ T’as envie ? Avec moi ? T’as envie. Oh, oui que t’as envie ! Eh, ben pas moi ! Pas aujourd’hui. Alors tu vas te débrouiller tout seul. Comme un grand. Et me montrer comment tu fais. Allez !
Elle m’a posé une main sur la cuisse.
J’ai enserré ma queue et j’ai entamé un lent mouvement de va-et-vient.
‒ Oui, mais mets-y un peu plus de conviction ! C’est pas drôle sinon…
J’ai accéléré.
‒ Et découvre bien le bout. À chaque fois.
Elle s’est penchée dessus. Tout près.
Plus vite. Encore plus vite. Et c’est venu. Elle m’a regardé gicler. Jusqu’au bout.
‒ Ah, ben bravo ! Bravo ! Elle va être contente, Margaux, d’apprendre que tu t’es fait ça tout seul alors que moi, je crevais d’envie que tu me fasses l’amour.

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