mercredi 24 octobre 2018

Julie, artiste peintre fesseuse (11)


– En espérant qu’il va pas nous poser aussi un lapin, celui-là…
– Alors là, lui, je suis bien tranquille. J’ai assez discuté avec. Il y a pas le moindre risque. Par contre, ce que je me demande, c’est si je vais suivre le cérémonial habituel.
– Comment ça ?
– Ben, ça devient lassant à force. En tout cas pour moi. Je les dérouille. Photos. Douze heures. Rephotos. Redouze heures. Rerephotos. Jusqu’à extinction des feux fessiers. Quelques petits coups de pinceau par là-dessus, à mes moments perdus. Et je remets ça avec un autre. Non, faudrait peut-être bien que je change un peu de registre. De façon de procéder. Même si, sur le fond, je touche absolument à rien.
– Oh, toi, t’as une idée derrière la tête…
– Non ? Tu crois ?
Elle a regardé l’heure, s’est levée.
– Il va arriver. Tu lui ouvres ? Je reviens.

Un bref…
– Ça va depuis ce matin ?
Et il s’est déshabillé sans un mot.
Elle a presque aussitôt fait son apparition. En peignoir. Le même peignoir.
– Tournez-vous !
Il lui a docilement obéi.
Elle lui a contemplé un long moment les fesses.
– Mouais… Ça a pas trop bougé depuis ce matin. Ça veut pas vraiment s’épanouir en jolis rouges profonds. Le mieux, du coup, ce serait peut-être qu’on reprenne tout à zéro. Non ? Vous croyez pas ? Ben, regardez-moi !
Il s’est retourné, a été sur le point de dire quelque chose, s’est ravisé, finalement tu.
– À moins que ce ne soit finalement pas nécessaire. Que la leçon de ce matin n’ait porté ses fruits. C’est le cas ?
– C’est le cas.
Elle a eu une moue dubitative.
– Espérons-le ! Non, parce que ce qu’il faut bien que vous finissiez par vous mettre dans la tête, vous, les mâles, c’est que vous n’avez absolument pas à éprouver de désir à notre égard tant que nous ne le souhaitons pas. C’est parfaitement inacceptable. Nous ne sommes pas des instruments voués à la satisfaction de vos appétits sexuels. Quant aux lieux communs éculés habituels, « Ça ne se commande pas ! » « C’est une réaction physiologique incontrôlable », et autres sornettes du même tabac, vous n’en êtes plus là, j’espère…
– Non.
– Sûr ?
– Sûr.
– Me voilà rassurée. Je peux donc laisser tomber mon peignoir sans susciter, de votre part, de réaction inappropriée ?
– Vous le pouvez.
– Sachant quand même que, là dessous, je suis complètement nue.
À peine a-t-elle eu le temps de faire mine d’en dénouer la ceinture que la queue du type a fait un bond, s’est élancée, dressée toute droite, palpitante.
Elle s’est interrompue. A éclaté de rire.
– Va encore falloir que j’aille au charbon. Vous êtes décidément incorrigibles, vous, les mecs, hein ! Bon, mais allez !
Avec un grand soupir.
Elle s’est emparée du martinet qui était posé au pied du chevalet. Est passée derrière lui. A lentement promené les lanières sur ses épaules, sur son dos, sur ses fesses.
– Je vais l’enlever mon peignoir. Je serai beaucoup plus à l’aise pour vous corriger. Mais vous ne verrez pas. Vous ne verrez rien. Vous avez interdiction formelle de vous retourner.
Et elle l’a fouetté. Entièrement nue.

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